Vaccin ROR et autisme : point final à la polémique

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 20 Novembre 2002 : 01h00
-A +A
Depuis plusieurs années, les adversaires de la vaccination systématique contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) accusent le vaccin de provoquer des troubles du développement de type autistique. Les résultats de deux nouvelles études devraient mettre un terme au débat.

Certes, aucun vaccin n'est dénué d'effets secondaires. Mais au risque d'effrayer les populations et d'induire une chute inquiétante de la couverture vaccinale, il existe toujours des auteurs poussant leurs démonstrations au plus loin, en prétendant avoir mis le doigt sur un effet secondaire aussi redoutable qu'inédit. Au final, on ne compte plus les équipes de chercheurs tentant de démontrer le contraire. En ce qui concerne l'accusation qui porte sur le vaccin ROR, la polémique pourrait enfin se terminer.

L'étude menée par le Dr Makela en Finlande a porté sur une population extrêmement large : 535.000 enfants vaccinés entre un et 7 ans. La fréquence après vaccination ROR de 4 pathologies (encéphalite, méningite, autisme et maladie inflammatoire de l'intestin) a été comparée à celle de la population générale. Aucune relation n'a pu être démontrée, même pas une augmentation de la fréquence d'hospitalisation pour autisme dans les mois suivant la vaccination.

L'autre analyse porte sur une population tout aussi impressionnante : 537.000 enfants danois, dont 440.000 vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (82%). Les résultats démontrent définitivement l'absence d'association entre ces vaccinations et le risque d'autisme, quels que soient l'âge, le délai et /ou la date de l'immunisation. Le risque étant de 0,92 avec la vaccination et de 1 sans, il n'existe donc pas de différence significative.

Au final, « le profil global de sûreté des vaccins est particulièrement bon ». Il n'en demeure pas moins que chacun d'entre eux doit être attentivement surveillé et le moindre doute doit être pris très au sérieux. Mais par ailleurs, il ne faut jamais oublier la sévérité des maladies et de leurs complications que le vaccin permet d'éviter.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 20 Novembre 2002 : 01h00
Source : Madsen K.M. et coll., A population-based study of measles, mumps, and rubella vaccination autism. N. Engl. J. Med., 347(19) : 1477-1482, 2002. Makela A. et coll., Neurologic disorders after measles-mumps-rubella vaccination. Pediatrics, 110(5) : 957-63, 2002.
A lire aussi
Confiance dans le ROR Publié le 25/02/2002 - 00h00

Le vaccin ROR apporte une protection immunitaire contre trois maladies infantiles : la rougeole, les oreillons et la rubéole. Malgré son efficacité, il a fait l'objet de soupçons de la part des scientifiques et des parents en Grande-Bretagne. Il était en effet accusé de favoriser l'apparition...

Vaccins : les 10 réponses essentielles Publié le 17/02/2016 - 16h32

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que les vaccins sauvent 2 à 3 millions de vie chaque année mais 20 à 30% des Français hésitent à se faire vacciner. La ministre de la Santé a décidé de faire de 2016 « l’année d’enjeu de la vaccination » avec, au programme, un débat...

Rougeole, Oreillons, rubéole, encore un effort ! Publié le 08/10/2002 - 00h00

Pour éradiquer ces maladies, la couverture vaccinale doit être de l'ordre de 95%. Or elle ne dépasse toujours pas les 84%. La France piétine avec cette couverture insuffisante qui augmente les risques de complications des sujets non-vaccinés et d'épidémie. Parents, protégez vos enfants...

Plus d'articles