Symptômes du diabète : comment les dépister précocement ?

Symptômes du diabète : comment les dépister précocement ?

Selon l'Association française des diabétiques (AFD), près de 700.000 Français diabétiques ignorent être touchés par cette affection. Pourtant, il est essentiel de dépister le diabète avant que ne surviennent les complications liées à cette maladie.

Le Pr Patrick Vexiau* indique clairement les symptômes évocateurs du diabète et les personnes les plus à risques.

Peut-on être atteint de diabète sans le savoir ? Comment est alors effectué le diagnostic d'un diabète ?

Pr Patrick Vexiau : OUI, on peut être atteint de diabète sans le savoir.

On estime actuellement qu'il y aurait entre 600.000 et 800.000 diabétiques qui s'ignorent en France, en plus des 3 millions de diabétiques connus. Plus précisément, les données de l'UKPDS (United of Kingdom Prospective Diabetes Study) ont montré que le début réel du diabète précédait de 8 à 10 ans le diagnostic de la maladie.

Dans plus de 80% des cas, le diabète est diagnostiqué à l'occasion d'une prise de sang demandée à titre systématique. Dans les unités de soins intensifs cardiologiques, 20% des patients sont en fait atteints de diabète et la moitié d'entre eux sont diagnostiqués à l'occasion de cette hospitalisation, et donc pour une complication coronarienne aiguë.

Ainsi, chez de nombreuses personnes, le diagnostic du diabète est effectué à l'occasion d'une complication de la maladie, sachant que celle-ci survient dix ans et plus après le début du diabète, confirmant donc que le diagnostic est souvent méconnu pendant une décennie entière.

Comment repérer les symptômes du diabète ?

Les symptômes évocateurs du diabète sont l'existence d'un syndrome polyuro polydypsique, c'est-à-dire l'apparition d'une soif importante liée au fait que le patient urine fréquemment, en particulier la nuit, ce qui le réveille et nécessite de se lever. Cependant, ces symptômes ne se manifestent que quand le sucre apparaît dans les urines, ce qui se produit lorsque la glycémie dépasse 1,80g/l. En pratique, cela veut dire que la glycémie est largement au-delà de 2g/l lorsque ces symptômes sont visibles. Souvent alors s'associe un amaigrissement. Ainsi, lorsque ces symptômes apparaissent, le diagnostic est déjà très tardif.

Il faut donc insister sur le fait que ce n'est pas sur les symptômes directement liés au diabète qu'il faut évoquer la maladie, mais devant les manifestations qui prédisposent au diabète :

  • C'est avant tout l'existence d'antécédents familiaux. Si un parent est devenu diabétique connu à l'âge de 50 ans et qu'il était méconnu pendant 10 ans, la maladie est donc apparue vers l'âge de 40 ans. C'est alors dès 35 ans qu'une recherche systématique périodique doit être réalisée chez les enfants.

  • L'existence d'autres anomalies comme une dyslipidémie, une hypertension artérielle ou un syndrome inflammatoire non expliqué, doivent faire rechercher un syndrome métabolique, lequel s'associe fréquemment au diabète.

  • Enfin, le manque d'activité physique et le surpoids sont des facteurs majeurs révélant une prédisposition génétique au diabète. Les patients peu actifs et/ou en surpoids doivent faire rechercher régulièrement l'existence d'un diabète, et en particulier lorsque l'obésité est de type androïde (obésité abdominale).

  • On sait que les patientes diabétiques ont souvent eu de gros bébés à la naissance. Ainsi, toute femme ayant eu un enfant d'un poids supérieur à 4,5 kg doit faire rechercher périodiquement un diabète.

Ce n'est qu'au prix d'un dépistage et d'une recherche systématique que l'on peut arriver à diagnostiquer suffisamment tôt et donc à traiter le diabète, afin d'éviter les complications.

Mis à jour par Isabelle Eustache le 20/01/2011
Créé initialement par Isabelle Eustache le 25/10/2005
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : Entretien avec le Pr Patrick Vexiau , secrétaire général de l'Association française des diabétiques (AFD) et chef de service diabétologie et endocrinologie de l'hôpital Saint-Louis à Paris (AP-HP).

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