Perte de poids : les amphétamines coupe-faim sont interdites, rappelle l'ANSM

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mercredi 16 Mai 2018 : 09h30

La prescription d'amphétamines afin de permettre une perte de poids est strictement interdite, rappelle l'ANSM. Malgré les risques élevés, un médecin a tenté d'en délivrer à l'un de ses patients.

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Ces médicaments sont interdits depuis près de vingt ans. Et pourtant, en 2018, un médecin a choisi de prescrire de l'amfépramone, un traitement de la classe des amphétamines. C'est ce que révèle l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué surprenant. 

Autrefois indiqué comme coupe-faim contre l'obésité sévère, le médicament ne dispose aujourd'hui d'aucune autorisation en raison de ses risques élevés. Pour contourner la loi, le patient se serait fourni à l'étranger. A ses risques et périls.

En effet, "les autorités sanitaires ont évalué qu'il était dangereux pour la santé d'utiliser un anorexigène  amphétaminique", rappelle l'ANSM. Il faut dire que les amphétamines s'accompagnent souvent d'une dépendance qui peut mener à un usage abusif.

Mais ça n'est pas le seul risque : ces molécules favorisent aussi l'hypertension artérielle pulmonaire, les AVC ou encore les infarctus du myocarde.

Des promesses pas tenues

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De manière plus épisodique, des cas de dépression et de psychose paranoïde ont été associés à l'amfépramone. Le danger est donc excessif au vu de l'efficacité très relative de ces médicaments.

"Les médications amaigrissantes sont décevantes : soit elles se révèlent inefficaces, tenant davantage du placebo, soit elles permettent un amaigrissement, mais se révèlent alors dangereuses pour la santé", souligne le Groupe de Réflexion Sur l'Obésité (GROS) dans un article dédié.

Ce n'est pas la première fois que l'ANSM publie une note de recadrage. En 2015 déjà, elle avait souligné les dérives de prescription de certains médecins. Ils utilisaient le baclofène, un médicament utilisé contre les spasmes musculaires, pour ses effets anorexigènes.

Plutôt que d'opter pour des molécules potentiellement dangereuses, l'agence rappelle que seule une prise en charge associant plusieurs spécialistes de l'obésité est reconnue et bénéfique. Si cette approche ne promet pas de miracles, elle a le mérite d'offrir des résultats sur le long terme.

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