La moitié des décès maternels peuvent être évités

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 13 Août 2001 : 02h00
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Malgré l'un des meilleurs systèmes de santé du monde, la France doit encore accomplir de nombreux progrès en matière de prévention de la mortalité maternelle. Selon le premier rapport du Comité national d'experts sur la mortalité maternelle, le bilan de ses 6 premières années de fonctionnement est accablant : « plus de la moitié des décès périnataux auraient pu être évités par des pratiques médicales plus adaptées ! »

Un bilan des experts du Comité national sur la mortalité maternelle a porté sur la totalité des décès survenus entre 1996 et 1997, soit 123 dossiers.

Pratiquement toutes les hémorragies sont évitables

La première cause de mortalité est représentée par les hémorragies, avec 25% des décès obstétricaux, principalement lors de la délivrance ou du post partum immédiat. Les décès par maladies hypertensives sont la deuxième cause (16%), alors que les embolies amniotiques se situent en troisième position. Viennent ensuite les embolies pulmonaires et autres maladies thrombo-emboliques, suivies par les infections. Sur les 123 dossiers finement analysés, 2/3 des décès de cause obstétricale ont été considérés comme évitables, contre seulement 1/3 des décès de cause obstétricale indirecte. Selon les experts, pratiquement tous les décès par hémorragie et par infection sont évitables, de même que les 2/3 des décès par maladies hypertensives. Un traitement inadéquat est mis en cause dans 38% des cas, vient ensuite un retard de diagnostic ou d'intervention.

Hélas, une tendance à la stabilité

Malgré les difficultés à évaluer les évolutions dans le temps, le Comité ne remarque hélas aucune tendance à la baisse. Cependant, si le risque de mortalité maternelle varie selon les régions et les années, celui-ci est directement lié à l'âge de la mère : il est minimal entre 20 et 24 ans, trois fois plus élevé entre 35 et 39 ans, mais douze fois plus important à 45 ans qu'à 20-24 ans.

Les comparaisons internationales ne sont pas aisées, mais certains pays utilisant des méthodes jugées fiables affichent des taux de décès inférieurs à ceux de la France, c'est le cas du Japon, des Pays-Bas et de la Suède. En Europe, les hémorragies per et post partum, ainsi que les causes obstétricales directes, sont deux fois plus fréquentes en France. Cependant notre pays peut se vanter du plus faible taux européen de décès du 1er trimestre, d'avortement et de grossesse extra-utérine. Le plus intolérable étant ce qui peut être évité, le Comité d'experts a diffusé des recommandations d'ordre clinique et général auprès des médecins et des sages-femmes afin qu'ils aient connaissances des moyens à mettre en oeuvre pour éviter complications et décès obstétricaux.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 13 Août 2001 : 02h00
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