Les 10 médicaments qui annulent l'effet de la pilule

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé et validé par Dr Justine Hugon-Rodin, gynécologue médicale le Mercredi 21 Février 2018 : 14h12

On l'oublie souvent, mais la pilule contraceptive est un médicament. Consommé par une Française sur trois, elle peut avoir des contre-indications mais aussi des interactions avec d'autres traitements.

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Les échecs de pilule liés aux interactions médicamenteuses sont, heureusement, rares (0.2 %). Mais pour éviter les grossesses non désirées, il est important d'y prendre garde au moment de la prescription.

E-Santé fait le point sur les médicaments qui peuvent réduire l'efficacité de cette contraception, avec l'expertise du Dr Justine Hugon-Rodin, gynécologue-médicale à l'hôpital Port-Royal (Paris).

Des antibiotiques agissent sur les hormones

Les antibiotiques sont des médicaments très largement utilisés en France. Chaque année, 143 millions de boîtes sont vendues. Outre le risque de résistance bactérienne, certaines familles peuvent réduire l'efficacité d'une contraception hormonale.

Une controverse agite la communauté scientifique sur les types d'antibiotiques mis en cause. Mais le Dr Hugon-Rodin se veut rassurante. "Les antibiotiques concernés ne sont pas largement utilisés", souligne-t-elle.

La rifampicine (Rifadine®, Rimactan®) est connue pour réduire l'efficacité de la pilule œstro-progestative par un mécanisme précis : elle agit sur les cytochromes, des enzymes impliquées dans l'assimilation des médicaments par le foie. 

D'autres antibiotiques – comme l'amoxicilline (Augmentin®), l'ampicilline (Unacim®) ou les tétracyclines (doxycycline, lysocline) – ont tendance à diminuer l'absorption des hormones. "Un mécanisme suspecté est la perturbation de la flore intestinale par les antibiotiques qui influencerait l’absorption hormonale", souligne un article paru dans la Revue Médicale Suisse.

La plupart des prescriptions d'antibiotiques sont toutefois épargnées par ce risque. Ainsi, la Haute Autorité de Santé (HAS) ne juge pas nécessaire de prendre une deuxième contraception dans la majorité des cas.

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Des antiépileptiques aident à dégrader la pilule

Plusieurs antiépileptiques, utilisés pour éviter la survenue de crise d'épilepsie, ne sont pas toujours compatibles avec une contraception hormonale. Sont concernés, notamment, le phénobarbital (Alepsal®, Aparoxal®, etc), le topiramate (Epitomax®) ou encore la carbamazépine (Tégrétol®).

Cette interaction est due à la nature de ces médicaments. En effet, ils sont des inducteurs enzymatiques. "Ils activent la dégradation de l'autre médicament, explique la gynécologue-médicale. Sa quantité dans l'organisme sera donc moindre, ce qui le rend moins efficace."

L'impact de ce phénomène varie fortement en fonction des molécules utilisées. Mais une chose est sûre : "Quand un traitement a une vraie interaction, la pilule risque d'être moins efficace", indique Justine Hugon-Rodin.

Pour autant, pas question de priver les femmes épileptiques de contraceptions hormonales – même si d'autres types de contraception existent. De nombreux antiépileptiques sont sans effet sur les hormones contraceptives. "Il faut donc être vigilant, pour vérifier que le traitement est compatible avec la pilule, conclut la spécialiste. S'il agit sur son efficacité, on adapte le type de contraception, le dosage et on réalise des contrôles réguliers."

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