Le biohacker qui s’était injecté un vaccin contre l’herpès est mort

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Vendredi 04 Mai 2018 : 12h27
Mis à jour le Vendredi 04 Mai 2018 : 12h57

Le biohacker qui avait fait le buzz le 4 février dernier est mort. Le lien entre son décès et son injection de vaccin contre l'herpès n'a pour le moment pas été établi.

Il aurait sans doute dû réfléchir avant d'agir ! Aaron Traywick, un expert en thérapie génique, est mort. En février dernier, il avait eu la "brillante" idée de s'injecter un vaccin contre l'herpès dans la cuisse... alors que celui-ci n'avait pas encore été testé. Mais pour l'heure, aucun lien ne peut être établi entre cette injection et la mort du biohacker.

Le corps du scientifique a été retrouvé sans vie en début de semaine, dans un caisson d'isolation sensorielle. Il s'agit d'un compartiment fermé et insonorisé où la personne est coupée du monde extérieur pendant un court moment.

Sa mort serait-elle la conséquence de son injection, ou sa mort n'aurait-elle rien à voir ? Les enquêteurs auront la lourde tâche de faire la lumière sur la cause de son décès. Mais à l'heure actuelle, aucune trace de crime éventuel n'a été relevée. Une autopsie sera effectuée afin de déterminer au mieux les circonstances exactes de sa mort.

A-t-il eu raison ou tort ?

Il y a trois mois, Aaron Traywick s'était injecté un vaccin contre l'herpès dans la cuisse lors d'une conférence sur les biomédecines. Il souhaitait ainsi prouver la sécurité et l'efficacité de ce vaccin, aurait-il eu tort ?

L'homme de 28 ans avait encouragé les participants de la convention Body Hacking à Houston (Etats-Unis) à en faire de même. Le body hacking est une nouvelle tendance qui encourage les gens à s'implanter des gadgets électroniques afin d'améliorer ses capacités physiques ou intellectuelles. Des X-Men en quelque sorte.

Le produit injecté était ici un vaccin thérapeutique contre l'herpès. Il a été mis au point à partir d'un article scientifique mettant en cause une protéine dans la propagation du virus de l'herpès : la "glycoprotéine D". Par conséquent, supprimer la protéine du virus empêcherait sa diffusion dans l'organisme.

Après cette étape, les chercheurs ont inséré un code dans un chromosome artificiel bactérien. Le but : que le virus injecté entraîne le corps à se défendre en produisant des anticorps contre l'herpès.

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Un cobaye très motivé

Au moment de la conférence, le vaccin n'avait été testé que sur des rongeurs. Aaron Traywick s'est donc auto-proclamé "premier cobaye humain" de cette nouvelle phase de test. Il n'avait eu aucun problème pour cet acte, étant donné qu'aux Etats-Unis il n'existe aucune loi fédérale interdisant l'auto-administration du substances.

Mais la communauté médicale n'a pas suivi l'expert de 28 ans dans ses méthodes peu orthodoxes. La motivation du biohacker n'était pas anodine puisqu'il souffrait lui-même d'herpès. Son initiative d'être son propre cobaye avait pour but de déjouer la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicaux), qui est très stricte vis-à-vis des essais cliniques sur l'homme.

L'histoire nous dira bientôt si son idée était ingénieuse ou mortelle.

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