Enfants précoces : un problème sous-estimé

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Juin 2003 : 02h00
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L'enfant précoce n'est pas toujours synonyme de réussite sociale : échec scolaire, dépression révolte... Très souvent, la différence de maturation intellectuelle et affective, ainsi que le regard des autres, l'absence de suivi et d'une éducation adéquate, se traduisent par des troubles difficiles à diagnostiquer. De plus, vraisemblablement par manque d'information, ce problème est sous-estimé.

Selon une enquête* réalisée auprès de 500 médecins, la définition de l'enfant précoce varie grandement, allant du petit génie à l'artiste en passant par l'enfant à mémoire d'éléphant. Inversement, certains en donnent une connotation négative : enfant en échec scolaire, à problème... Il semble même que la perception négative soit à deux doigts de constituer la majorité.Pour vous, quelle serait la formule la plus adéquate pour caractériser un enfant précoce ?

  • Un enfant à problèmes : perturbateur, hyperactif, dépressif, etc. (43%).
  • Un créateur artistique ou musical (22%).
  • Un enfant d'une capacité de mémoire exceptionnelle (9%).
  • Un enfant bon en tout (8%).
  • Un petit génie (6%).
  • Un enfant en grande réussite scolaire (5%).
  • Un enfant en échec scolaire (5%).
  • Un calculateur prodige (1%).

Par ailleurs, la sous-estimation de l'ampleur du problème est flagrante.Selon vous quelle est la proportion d'enfants précoces (ayant un QI supérieur à 125) dans la population ?

  • 1,4% (30%).
  • 2,5% (39%).
  • 5% (22%). Réponse exacte
  • 7% (8%).

L'enfant précoce, ayant un QI égale ou supérieur à 125, présente un caractère hétérogène dans son développement. Chez les autres, toute la personnalité se construit de façon homogène sur les plans intellectuel, affectif et moteur, tandis que chez le petit « surdoué », la maturation intellectuelle prend de l'avance, alors que les sphères affectives et motrices suivent le schéma classique. Ils évoluent alors sur un mode de pensée et de fonctionnement particuliers, rendant difficile pour un tiers d'entre eux leur adaptation scolaire et sociale.En effet, en ne prenant pas en compte ces particularités, le système éducatif leur impose un rythme inadapté pouvant provoquer : désintérêt scolaire, passivité, révolte, etc., et à terme, échec scolaire et de la personnalité.Les risques proviennent également de l'environnement familial et social. En effet, si la précocité n'est pas reconnue, cet enfant incompris manifeste un « mal-être » dans l'ensemble de ses relations (parents, enseignants, autres enfants), pouvant déboucher sur des pathologies telles que la dépression ou les troubles obsessionnels compulsifs.Les familles et le système éducatif doivent prendre en compte cette précocité intellectuelle afin de pouvoir répondre de façon adaptée aux besoins (comme c'est le cas par exemple de la dyslexie ou de la dysorthophonie) et de transformer assurément leur différence en atout.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Juin 2003 : 02h00
Source : www.medhermes.com ; * enquête MedHermes menée auprès de 538 médecins à l'aide d'un questionnaire entre le 25 et le 30 avril 2003.
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