Coliques

La douleur qui les caractérise peut être localisée ou diffuse et se présente généralement sous forme de crampes. Elle peut s'accompagner de constipations, de diarrhées, parfois d'une transpiration abondante et, dans de rares cas, de nausées, de vomissements et de maux de tête. Une certaine pâleur du visage est souvent observée. Ceux qui souffrent du syndrome de l'intestin irritable (caractérisé par une alternance de diarrhées et de constipation au cours de la journée) sont davantage sujets aux coliques.

Les coliques peuvent revêtir deux formes :

  • Coliques aiguës : Douleurs intenses qui surviennent subitement.
  • Coliques chroniques : Douleurs persistantes ou intermittentes qui durent depuis plus d'une semaine, mais qui peuvent se manifester depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Mode de vie, tels que les abus de nourriture et d'alcool ou, encore, de mauvaises habitudes alimentaires (par exemple, ne manger qu'une fois par jour).

Certains produits alimentaires consommés en quantité excessive, ou l'abus de vitamines, de suppléments alimentaires ou de produits pharmaceutiques en vente libre.

Certains médicaments, tels que les laxatifs, les analgésiques à fortes doses et les antiulcéreux.

Drogues, comme les amphétamines, barbituriques, les benzodiazépines (tranquillisants), la cocaïne, et les solvants.

Migraines (liées au syndrome de l'intestin irritable).

Gastro-entérite, constipation chronique.

Certaines affections, telles que l'appendicite, la cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire), les calculs rénaux, la pancréatite, la diverticulite, l'ulcère gastroduodénal et l'occlusion intestinale, etc.

Eléments de stress et problèmes psychosociaux, tels qu'un divorce, la maladie d'un enfant ou le décès d'un proche, se traduisant par une somatisation (transformation d'un trouble psychique en trouble physique ou organique).

Surveiller ce que l'on boit et ce que l'on mange. Il faut éviter la consommation excessive d'alcool, de thé, de café, de boissons gazeuses, l'excès de fibres et de petits fruits (saison estivale) car ils stimulent le péristaltisme intestinal (l'activité de l'intestin).

Ne pas boire de jus de fruits en grande quantité. Prenez-les en petite quantité à la fois et assurez-vous qu'ils sont à la température de la pièce.

Ne jamais prendre de laxatif oral. Il est important de ne prendre aucun produit contenant un laxatif, même léger, surtout si vous ignorez l'origine de votre mal (le laxatif oral augmentera les crampes et les douleurs abdominales). Vous risquez d'aggraver votre problème. Si vous êtes constipé, administrez-vous plutôt un lavement, ce qui ne peut nuire en aucun cas. On trouve des lavements déjà préparés en pharmacie, ou on peut utiliser une poire avec de l'eau légèrement chaude et savonneuse (le savon est un irritant qui aidera à évacuer les selles).

Ne pas prendre de vomitif. Le vomissement est un réflexe qu'il est dangereux de provoquer ; vous risquez de régurgiter dans vos bronches.

De manière générale, ne pas appliquer de glace sur son ventre. Le froid provoque une vasoconstriction, ce qui a pour effet d'intensifier les crampes. Appliquez plutôt de la chaleur. Bouillotte et coussin chauffant contribueront à diminuer les contractions intra-intestinales. En provoquant une vasodilatation, la chaleur déclenche un relâchement musculaire.

Essayer de vous détendre. La douleur est parfois si intense que vous aurez l'impression que le problème est plus grave qu'il ne l'est en réalité. Le stress causé par la douleur aura pour effet d'amplifier celle-ci. Dans ce cas, le simple fait de se détendre peut apporter un certain soulagement.

Adopter une position confortable. La position fœtale (position couchée sur le côté et les genoux repliés sur l'abdomen) est souvent la meilleure. Comme elle n'exerce aucune traction sur la paroi musculaire, elle peut parfois apporter un certain soulagement.

S'assurer de boire suffisamment. N'oubliez pas que, si vous souffrez de diarrhées, vous courez un plus grand risque de vous déshydrater. En plus de boire de l'eau, vous pouvez boire de l'eau de riz, qui favorise la constipation. Les bouillons, de même que certaines boissons gazeuses peuvent avoir un effet bénéfique. L'eau minérale est également recommandée, parce qu'elle contient du sodium et du potassium ; ce sont des éléments qui sont partiellement éliminés par la diarrhée, mais qui sont essentiels à l'organisme pour maintenir votre hydratation et votre énergie.

Arrêter l'alimentation solide des jeunes enfants. Dans le cas de jeunes enfants qui ont la diarrhée ou de fortes coliques, vous devez dans un premier temps remplacer l'alimentation normale par du Pédialyte ou gastrolyte vendu librement en pharmacie. On trouve maintenant du Pédialyte en bâtons glacés (du type Mr. Freeze). Ils ont l'avantage d'être meilleurs au goût et ils permettent une absorption lente et continue du liquide. Vous pouvez aussi donner à l'enfant une autre préparation à faire à la maison composée de 360 ml de jus d'orange non sucré mélangé à 600 ml d'eau et à 1/2 c. à thé rase de sel de table. Si l'enfant ne vomit pas, lui proposer cette boisson toutes les 20 à 30 minutes. S'il vomit, lui en faire absorber à la cuillère ou à la seringue 5 à 20 ml toutes les 2 à 10 minutes. À noter qu'il ne faut pas donner de Pédialyte seul pendant plus de 24 heures sans avis médical et qu'il faut éviter les succédanés de jus d'orange.

Accorder une période de repos au tube digestif. Cessez de vous alimenter pendant quelques heures, tout en vous assurant de boire suffisamment. Il est préférable de consulter un médecin si vous ne constatez aucune amélioration après ces quelques heures de répit.

Prendre du paracétamol pour soulager la douleur. Les anti-inflammatoires, comme l'aspirine et l'ibuprofène, ne sont pas indiqués : ils peuvent en plus s'accompagner d'effets secondaires.

Consulter rapidement un médecin en cas de détérioration de l'état général. Fiez-vous à votre intuition et à votre jugement. Ne courez pas le risque d'aggraver votre problème par une attente prolongée.

  • Vous avez appliqué sans succès tous les conseils pratiques énumérés ci-dessus.

  • La douleur s'intensifie et devient intolérable.

  • Seule la position fœtale vous procure un certain soulagement ou encore elle n'a aucun effet apaisant.

  • Vous ne tenez plus en place, la douleur vous oblige à bouger sans cesse.

  • Votre urine est très concentrée ou rouge.

  • La douleur irradie dans le dos ou ailleurs.

Consultez en urgence lorsque :

  • Votre ventre devient gonflé ou dur.

  • Vous devez vous alimenter et vous hydrater, mais la nourriture et les liquides ne passent pas : soit vous n'arrivez plus à avaler, soit vous régurgitez systématiquement liquides et nourriture.

  • D'autres symptômes font leur apparition : fièvre, nausées, vomissements, diarrhées, constipation, accélération du rythme respiratoire, etc.

Le médecin posera des questions détaillées. Il vérifiera les signes vitaux (pouls, tension artérielle, rythmes respiratoire et cardiaque, etc.). Puis il procédera à un examen physique comprenant, entre autres, l'examen et l'auscultation de l'abdomen de même qu'un toucher rectal. Chez la femme, le toucher vaginal est parfois nécessaire.

Des analyses sanguines, une radiographie simple de l'abdomen ou une échographie de l'abdomen et l'installation d'un soluté intraveineux sont pratiquement de routine.

Des examens d'imagerie par endoscopie ou par radiologie pourront être demandés.

Une radiographie des poumons peut également s'avérer nécessaire.

Dans certains cas, le médecin procédera de nouveau à un examen physique et demandera d'autres analyses sanguines pour confirmer le diagnostic.

Une diète liquide d'une durée de quelques heures ou de quelques jours pourra être prescrite. Un changement des habitudes alimentaires sera sans doute recommandé. Par exemple, de petits repas composés d'aliments facilement tolérés.

Certains analgésiques, tels que le paracétamol et des antispasmodiques peuvent être prescrits. Le médecin évitera les médicaments contenant des opiacés et de la codéine, à cause de leur effet paralysant sur l'intestin.

Dans les cas graves (appendicite, diverticulite aiguë, occlusion intestinale, pancréatite, etc.), une hospitalisation ainsi qu'une intervention chirurgicale peuvent être nécessaires.

Si le médecin pense que le problème est d'origine psychosomatique, il en discutera avec le patient afin de lui en faire prendre conscience et tentera avec lui d'entreprendre une démarche vers une solution.

publié initialement le 31/05/2001 - 02h00 et mise à jour par Dr Philippe Presles le 22/07/2013 - 12h43

Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005.

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