L'agressivité et violence, pas seulement pour le pire

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 05 Mars 2003 : 01h00
La violence ou les flambées de violence à l'école, dans les cités, sur la route, au cinéma, dans les jeux vidéo ou dans les jeux bien réels de certains, sont des sujets abordés quotidiennement par les médias. Derrière cette image collective de la violence, se cache un ressort de la psychologie individuelle, décriée et mal connue, l'agressivité.
Publicité

Par définition, en psychologie, « l'agressivité désigne toute tendance visant, par un moyen quelconque et sous n'importe quelle forme, à causer un tort à un individu, un groupe ou à ce qui les représente ». La violence physique est bien la forme la plus apparente des comportements agressifs. Bien sûr, aucune société ne peut accepter de laisser libre cours à certaines formes d'agressivité.

D'où vient l'agressivité humaine ?

L'histoire de la psychanalyse depuis Freud est une histoire (entre autres) de la découverte progressive de l'importance de l'agressivité dans les comportements humains. Freud décrit deux instincts, deux pulsions fondamentales : la pulsion de vie, qui nous pousse à tout mettre en œuvre pour rester en vie, et la pulsion de mort, poussée d'énergie visant surtout à l'autodestruction de l'être humain. Freud développe l'idée qu'il existe en chacun un besoin fondamental de destruction, qui devient de l'agressivité lorsqu'elle se retourne contre autrui. L'agressivité est un instinct humain qui peut s'exprimer de multiples façons.

Publicité

Les innombrables visages de l'agressivité

La forme la plus visible de l'agressivité est la violence physique. Une forme plus discrète est la violence verbale, qui peut d'ailleurs être tout autant destructrice. Des formes plus insidieuses, plus ténues, de l'agressivité s'expriment au travers de l'ironie, de l'humiliation, de mots d'esprit blessants, d'une certaine forme d'humour. Elle peut aussi se dissimuler derrière la façade de certains types d'autorités sociales qui confèrent à un individu un pouvoir sur un autre. Cette agressivité se rencontre quotidiennement dans les relations de travail, dans les échanges entre un administré et un représentant de l'Etat par exemple. Il existe donc des formes ouvertes d'agressivité et des manifestations plus détournées.

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 05 Mars 2003 : 01h00
A lire aussi
Attention, chien méchant!Publié le 30/11/2004 - 00h00

Pourquoi un chien est-il agressif ? A-t-il été mal socialisé, cherche-t-il à défendre quelque chose, ou laisse-t-il ainsi transparaître une souffrance ?

Le silence du psy : une angoisse nécessaire ? Publié le 17/07/2006 - 00h00

Lors d'une psychanalyse, lorsque vous êtes allongé sur le divan, le psychanalyste fait preuve d'un tel silence qu'il peut paraître déroutant, voire angoissant. Pourquoi un tel mutisme ? Le silence du psychanalyste est-il indispensable à la thérapie ? Qu'en est-il en psychothérapie analytique...

La colère : une émotion interdite ?Publié le 07/05/2003 - 00h00

La colère fait partie de la palette des principales émotions, au même titre que la peur, la surprise, le plaisir, la tristesse, etc. Néanmoins, elle a une particularité. Celui (ou celle) qui exprime sa colère, « le colérique », est réprouvé(e) et on lui demande souvent de se contrôler. A...

Plus d'articles