Vulnérabilité dépressive

La dépression est, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la deuxième maladie la plus invalidante. Près de 15% de la population y est confrontée un jour ou l'autre, et les femmes y sont plus souvent sujettes. Mais tout le monde n'est pas égal face à la dépression. Certains y sont plus exposés. Quels sont les caractéristiques des personnes les plus vulnérables ?
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Le facteur le plus évident est l'isolement. Les déprimés sont beaucoup plus nombreux chez les célibataires, et le mariage protège contre la dépression. Il s'agit sans doute du bénéfice d'un soutien émotionnel et social et des échanges divers : affectifs, intellectuels, psycho-corporels et même sexuels.

Deux caractères plutôt opposés rendraient aussi plus vulnérables à la dépression.Le premier est une sorte d'hyper sociabilité, la « sociotropie ». Les personnes qui fonctionnent de cette manière sont extrêmement dépendantes de leur entourage. Elles en attendent des encouragements, de l'approbation. Être sociable serait plutôt positif, mais ici, devenir dépendant affectif des autres est plus risqué. En effet, ces personnes à risque fondent leur estime de soi sur le soutien des autres. Le problème dépressif survient quand se profilent une désapprobation, un rejet, un abandon. L'estime de soi peut se trouver gravement atteinte.

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Le deuxième caractère qui rend plus vulnérable à la dépression est un excès d'autonomie affective ! Ces personnes sont extrêmement indépendantes, non seulement dans leur action, mais aussi dans leur vie intérieure. Elles se fixent des buts sans les partager, des objectifs personnels à atteindre, et sont très jalouses de leur totale autonomie. Elles veulent garder la maîtrise de tout pour ne dépendre de personne. Le problème survient quand leurs objectifs ne sont pas atteints. Car alors, ces personnes ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes. De plus, vu leur fonctionnement hyper autonome, elles n'ont pas forgé les liens qui leur permettraient de trouver le soutien affectif qui leur serait sans doute bénéfique.

Alors, finalement, comme souvent en psychologie, l'équilibre est ce qu'il y a de meilleur ! Entre l'hyper dépendance aux autres et l'autonomie affective exacerbée, reste la voie la plus fréquente et la mieux préventive de la dépression : créer des liens affectifs chaleureux mais sans totale dépendance et garder une zone d'autonomie personnelle, mais sans devenir narcissique et replié sur soi.

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 14 Juin 2005 : 02h00
Source : " La vulnérabilité dépressive ", dossier du 16 mai 2005, publié dans le quotidien du médecin avec la collaboration de l'UNAFORMEC.