Vous mangez régulièrement du fromage ? Cette habitude pourrait être associée à un risque réduit de démence selon une étude
L’alimentation participe au maintien de nos capacités cognitives au fil des années. Une vaste étude japonaise suggère désormais qu’une consommation régulière de fromage serait associée à un risque légèrement plus faible de démence chez les personnes âgées. Ces résultats encourageants doivent toutefois être interprétés avec prudence.
Ce que révèle l’étude japonaise sur les seniors
Publiée en 2025 dans la revue scientifique Nutrients, cette étude repose sur les données du programme japonais JAGES. Les chercheurs ont suivi pendant trois ans 7 914 personnes âgées de 65 ans ou plus, vivant à leur domicile et ne présentant pas de démence au début de l’enquête.
Les participants consommant du fromage au moins une fois par semaine ont été comparés à ceux qui n’en mangeaient pas. Au terme du suivi, une démence avait été diagnostiquée chez :
- 3,4 % des consommateurs de fromage ;
- 4,5 % des non-consommateurs.
La différence absolue atteint donc 1,06 point de pourcentage, soit environ 11 cas de moins pour 1 000 personnes suivies pendant trois ans.
Après la prise en compte de plusieurs facteurs, notamment l’âge, le niveau de revenus, l’état de santé et les habitudes alimentaires, la consommation hebdomadaire de fromage restait associée à un risque de démence inférieur de 21 %. Ce résultat concerne bien l’apparition d’une démence et pas seulement l’incidence de simples troubles de la mémoire.
Un détail retient particulièrement l’attention : 82,7 % des consommateurs étudiés déclaraient manger du fromage fondu industriel. L’étude ne permet cependant pas de déterminer si certains types de fromages seraient plus intéressants que d’autres.
Comment expliquer cette association avec le cerveau ?
Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses biologiques, sans avoir directement étudié les mécanismes en cause.
Certains fromages contiennent notamment de la vitamine K2, ou ménaquinone, un nutriment impliqué dans la santé cardiovasculaire. En contribuant au bon fonctionnement des vaisseaux sanguins, elle pourrait indirectement participer à la protection du cerveau. Les matières grasses facilitent par ailleurs l’absorption des vitamines liposolubles, dont fait partie la vitamine K.
L’affinage produit également des peptides bioactifs auxquels certaines recherches attribuent des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Les fromages fermentés peuvent aussi contenir des micro-organismes susceptibles d’interagir avec le microbiote intestinal et avec l’axe intestin-cerveau.
Ces pistes restent néanmoins théoriques dans le cadre de cette étude. Aucun dosage biologique n’a été réalisé pour établir que la vitamine K2, les peptides ou les bactéries fermentaires expliquaient réellement les résultats observés.
Une association qui ne prouve pas un effet protecteur
Cette recherche est observationnelle. Elle met donc en évidence une association statistique, mais ne démontre pas que le fromage empêche directement la démence.
Malgré les ajustements effectués, d’autres différences peuvent subsister entre les participants. Les consommateurs de fromage mangeaient, par exemple, plus régulièrement des légumes, des fruits, de la viande ou du poisson. Ils pouvaient également avoir un mode de vie globalement plus favorable à leur santé cérébrale.
Le financement de l’étude mérite aussi d’être signalé. La recherche a été menée dans le cadre d’un contrat impliquant l’entreprise laitière japonaise Meiji. Deux coauteurs étaient employés par cette société. Les chercheurs précisent toutefois que le financeur n’est pas intervenu dans l’analyse des données ni dans leur interprétation.
Faut-il manger davantage de fromage après 65 ans ?
Ces résultats ne justifient pas d’augmenter fortement sa consommation. Le fromage peut apporter des protéines, du calcium et certaines vitamines, mais il contient aussi des quantités parfois importantes de sel et de graisses saturées.
Une consommation excessive peut notamment favoriser une élévation de la pression artérielle, elle-même associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral et de déclin cognitif.
La meilleure stratégie consiste donc à intégrer une portion raisonnable de fromage dans une alimentation variée, riche en légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes et poisson. Aucun aliment ne peut, à lui seul, compenser une prédisposition génétique, un manque chronique de sommeil, la sédentarité ou une mauvaise santé cardiovasculaire.
Pour préserver durablement ses facultés cognitives, il reste indispensable d’associer une alimentation équilibrée à une activité physique régulière, une vie sociale active et une bonne hygiène de vie après 60 ans.
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