Près de 800 kilos de viande polonaise avariée retrouvés en France dans 9 entreprises

Publié le 01 Février 2019 à 10h30 par Mathilde Polivka, journaliste santé
Près de 800 kilos de viande avariée polonaise ont été retrouvé dans neuf entreprises du secteur agroalimentaire en France. Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a indiqué que "150 kilos ont déjà été récupérés" dans les entreprises françaises "dupées".
© Istock

Les services sanitaires du ministère de l'Agriculture ont retrouvé "795 kilos" de viande avariée polonaise dans neuf entreprises du secteur agroalimentaire en France, a annoncé le ministre Didier Guillaume le 1er février 2019 sur Cnews. Sur ce total, "150 kilos de viande ont déjà été récupérés" dans les entreprises françaises "dupées".

"Je pense que dans la journée on saura où on en est pour les 650 kilos restant, la traçabilité des produits lorsqu'ils arrivent en France marche plutôt bien" a rassuré le ministre de l'Agriculture. "On ne sait pas s'ils sont partis dans le commerce, cela a pu rester dans des frigos" .

Abattage et commercialisation de bovins malades

L'affaire a été révélée par une enquête d'un journaliste en Pologne de la chaîne TVN24qui s'est fait embauché et a travaillé trois semaines à l'abattoir de Kalinowo. L'affaire a été révélée par les médias : le journaliste a publié des images de bovins traînés la corde au cou, manifestement malades, serrés dans un camion, puis de carcasses entassées et de quartiers de viande visiblement impropres à la commercialisation.

Le ministre polonais de l'Agriculture a reconnu la fraude en soulignant qu'il s'agissait d'un "incident isolé". "Nous avons affaire à une pathologie : sur un site, des vaches malades étaient abattues à l'insu et sans le feu vert des vétérinaires", a-t-il déclaré à la chaîne publique TVP Info.

"2,7 tonnes ont été vendues à des pays membres de l'UE"

Le responsable des services vétérinaires polonais, Pawel Niemczuk, avait de son côté déclaré que "2,7 tonnes ont été vendues à des pays membres de l'UE" (Finlande, Hongrie, Estonie, Roumanie, Suède, France, Espagne, Lituanie, Portugal et Slovaquie), tandis que sept tonnes de viande provenant de cet abattage ont été distribuées dans une vingtaine de points de vente en Pologne. 

Didier Guillaume, le ministre français de l'Agriculture, déclare sur Cnews : "C'est une fraude terrible, une fraude économique, une fraude sanitaire d'un abattoir polonais. Nous avons appris cela avant-hier soir et avons mis toutes nos équipes dessus."

Le Commissaire européen à la Santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andiukaitis a annoncé une inspection en Pologne la semaine prochaine et appelé les autorités polonaises à assurer le respect des normes européennes. La Pologne est un grand exportateur de viande en Europe.

Un écho au "scandale" des lasagnes contenant de la viande de cheval

Cette affaire de viande avariée survient alors que le procès "Spanghero" s'est ouvert la semaine dernière, fin janvier 2019, devant la 31e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Ce scandale, qui a éclaté en 2013, concernait des lasagnes de marque Picard et Findus et d'autres plats industriels. Ceux-ci avaient été retirés de la vente parce qu'ils contenaient de la viande de cheval et non de bœuf comme indiqué sur leur étiquette

L'accusation se fonde sur les points suivants, informe le journal Les Echos  : "tromperie" et "escroquerie en bande organisée" pour avoir modifié les étiquettes de lots de viande de cheval roumaine en "pur bœuf origine EU". Commercialisée dans 13 pays européens, 750 tonnes de cette viande de cheval ont ensuite été retrouvées dans des plats préparés. 

La rédaction vous recommande sur Amazon :