Un test sanguin pour savoir si vous risquez d’accoucher prématurément

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Vendredi 08 Juin 2018 : 15h42

Il serait possible de prédire si une femme risque d'accoucher prématurément grâce à une prise de sang. Chaque année 15 millions de bébés naissent trop tôt.

© Istock
PUB

Et s'il était possible de savoir si vous allez accoucher prématurément ? La question n'est pas anodine puisque chaque année, 15 millions de bébés naissent avant terme, soit avant 37 semaines de gestation. Ce qui est lié à un million de décès par an.

C'est pour cela que des scientifiques britanniques ont voulu trouver une méthode prédictive plus efficace. Ils publient leurs premiers résultat, menés sur des femmes à haut risque, dans la revue Science. Et ils sont encourageants. En effet, grâce à un simple test sanguin, l'équipe a vu juste dans 80 % des cas étudiés.

Ce test mesure, dans le sang de la mère, plusieurs marqueurs d'activité génétique provenant du foetus, du placenta et de la mère elle-même.

Pour réaliser l'examen, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang sur des femmes enceintes, chaque semaine, pour voir comment leur taux d'ARN variait pendant la grossesse. Ce paramètre est censé évoluer en même temps que le foetus. Il pouvait donc servir à prédire l'âge gestationnel ou prévoir une naissance prématurée.

Aussi fiable qu'une échographie

PUB
PUB

Sur les 38 femmes qui ont participé à l'étude, le test a pu prédire l'âge gestationnel 45 % du temps, contre 48 % pour les ultrasons.

Les résultats sont très proches. Mais là où l'échographie peut être prédictive seulement après le 1er trimestre et à court terme, le test sanguin serait apte à répondre à la question de la naissance prématurée plus tôt, dès deux mois avant le début du travail.

Sur le long terme, les scientifiques aimeraient aussi utiliser ces tests sanguins pour comprendre pourquoi certaines femmes accouchent prématurément, tandis que d'autres arrivent à terme. Ces prélèvements pourraient livrer des détails sur les facteurs biologiques. Pour rappel, ces naissances précoces constituent la première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans.

Mira Moufarref, l'un des chercheurs se dit "vraiment excité par le potentiel de tout cela", auprès de la BBCMais il faut rappeler qu'il ne s'agit ici que d'une étude pilote et les premiers résultats doivent être confirmés avec un essai à plus grande échelle.

PUB
PUB
A lire aussi
Plus d'articles