Traitement hormonal substitutif de la ménopause : retour au calme

Après le vent de tempête qui a déferlé sur le traitement hormonal substitutif de la ménopause, retour au calme. Et après réflexion, la grande question est la suivante : les résultats de cette grande étude américaine ayant dévalorisé ce type de traitement, sont-ils extrapolables aux femmes françaises ?
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La très grande étude américaine intitulée « WHI » a donné une image défavorable au traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS). Elle a été réalisée à partir de 8.500 femmes prenant un THS, comparées à 8.100 femmes sous placebo. A l'origine prévue pour une durée de neuf ans, elle a été interrompue prématurément au bout de cinq années, en raison de résultats préliminaires jugés néfastes.Certaines notions déjà connues ont été confirmées, comme un effet préventif vis-à-vis du risque d'ostéoporose, une diminution de 40% du risque de cancer du côlon et une légère hausse du risque de cancer du sein lorsque le THS est suivi au-delà de cinq ans. En revanche, certaines données sont en opposition avec les travaux antérieurs. En effet, une légère augmentation du risque vasculaire artériel a été notée, tandis que l'on s'attendait plutôt à un effet protecteur. Il en est de même du risque de maladie d'Alzheimer.

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Peut-on extrapoler ces résultats aux femmes françaises ?

Pas vraiment...

  • Cette étude a porté sur des femmes nettement différentes des Françaises susceptibles de suivre un THS : l'âge moyen était de 63 ans avec 45% de patientes âgées de 60 à 69 ans et 21% de 70 à 79 ans ; 69% étaient en surpoids et 34% obèses ; 36% étaient hypertendues (les hormones sont inappropriées sur cette dernière population).
  • Les hormones étudiées n'étaient pas celles habituellement prescrites en France ou en Europe.
  • La dose employée était la même pour toutes les femmes alors qu'un traitement « sur mesure », adapté à chaque cas, est actuellement préconisé.
  • Et enfin, la majorité des femmes étaient asymptomatiques, alors que le THS est en principe initié chez des femmes se plaignant de troubles en rapport avec la ménopause. Ce fait peut notamment expliquer pourquoi aucune amélioration de la qualité de vie n'a été observée.

En conclusion, ces résultats doivent être relativisés et le THS doit faire l'objet d'une prescription au cas par cas. Le Dr Henri Rozenbaum, Président de l'Association française pour l'étude de la ménopause (AFEM), déplore amèrement qu'aucun essai européen d'envergure semblable à cette étude américaine n'ait été entrepris avec les hormones habituellement utilisées en France et sur des femmes plus jeunes.

Publié le 13 Août 2003
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Communiqué de presse de l'Association française pour l'étude de la ménopause (AFEM), juin 2003.