Toxicomanie en prison

Les personnes détenues cumulent les facteurs de risques. Comparées à la population générale, elles sont plus concernées par la consommation de drogues et par les maladies infectieuses. Or la prise en charge est tellement loin des besoins qu'elle se transforme aujourd'hui en priorité de santé publique.
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Avant leur entrée en détention, ils sont 32% à consommer de la drogue de façon prolongée et régulière (drogues illicites et produits détournés de leur usage), contre 15% des 18/25 ans et 4% des 26/44 ans dans la population générale. Ils sont 33% à abuser de l'alcool et 80% sont des fumeurs. En milieu pénitentiaire, l'infection par le virus du Sida y est 3 à 4 fois supérieure à celle constatée à l'extérieur et l'infection par le virus de l'hépatite C y est 4 à 5 fois plus élevée.

La drogue circule très vite dans les prisons, et bien plus efficacement que la prise en charge des toxicomanes détenus. Il est aujourd'hui indispensable de leur offrir, et le plus rapidement possible, les mêmes prestations qu'à l'extérieure. Malgré les efforts déjà entrepris (création d'antennes toxicomanies pénitentiaires, préservatifs à disposition en consultation médicale, traitements de substitution, distribution d'eau de javel pour nettoyer le matériel d'injection…), beaucoup reste à faire. On estime que 40.000 détenus sont en attente d'une prise en charge pour une consommation soit de produits psychoactifs, soit d'alcool. De plus, les toxicomanes détenus ont un accès très réduit aux traitements de substitution: seul un usager sur sept en prison, contre un sur trois à l'extérieur.

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La circulation de la drogue en prison est un phénomène bien connu. Son usage et les risques de contaminations n'en inquiètent pas moins les pouvoirs publics qui souhaitent à nouveau renforcer la prise en charge sanitaire et sociale des usagers de drogues en détention: suivi et surveillance, traitements personnalisés, accompagnement, dépistage, prévention, échange et collaboration entre les réseaux, préparation à la réinsertion sociale et professionnelle, etc.

Publié le 31 Décembre 2001
Auteurs : Rédaction E-sante.fr