Suicide et souffrance des jeunes homosexuels

Le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est treize fois plus important que chez les hétérosexuels. Notre société actuelle n'est peut-être pas aussi libre et tolérante qu'il y parait.
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Homo, hétéro, bi ? Qui suis-je ? Masculin, féminin ? On peut en parler sur la ligne Azur de Sida Info Service : 08 10 20 30 40 (anonyme et confidentiel, pris d'un appel local à partir d'un poste fixe).A l'origine, la ligne d'écoute Sida Info Service était exclusivement consacrée au Sida. Mais face à un nombre croissant d'appelants évoquant leurs difficultés face à l'homosexualité, leur isolement et leur souffrance, une nouvelle ligne a été créée en 1997. En 2004, celle-ci a reçu plus de 7.000 appels, soit une hausse de 8,5% par rapport à l'année précédente. Plus d'un tiers des appelants ont moins de 20 ans et se demandent s'ils sont « normaux ». Les insultes homophobes fusant de toutes parts, tant au lycée que dans la rue, les jeunes sont terrorisés par le regard des autres, complètement affolés par l'idée d'être différents. Et nombre d'entre eux tiennent des propos suicidaires En collaboration avec l'Inserm, l'Association Aremedia a réalisé une étude épidémiologique française. Marc Shelly, médecin de santé publique et responsable du centre de dépistage anonyme et gratuit de l'hôpital parisien Fernand-Widal, en a dévoilé les résultats préliminaires à l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide du 10 septembre 2005. Menée auprès de 993 hommes âgés de 16 à 39 ans, elle révèle que les jeunes homosexuels ont treize fois plus de risque de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels.La dégradation de l'estime de soi serait à l'origine de ce sursuicide dans la population homosexuelle. En effet, la stigmatisation dévalorisante de l'homosexualité, qui est perçue tant au sein du cercle familial qu'à l'école ou au lycée, exerce des effets désastreux sur la construction personnelle. S'il y a 50 ans, une répression légale frappait les homosexuels, aujourd'hui, ils ont un bien triste « choix » : garder le secret, ce qui est psychologiquement épuisant, ou le dévoiler. Cette dernière solution entraîne souvent le rejet de la part de la famille, du voisinage, des copains ou des collègues de travail. De plus, s'afficher expose à des regards, des remarques et à des agressions. Ces situations sont très difficiles à vivre, et encore plus particulièrement pour un adolescent. Ceux qui se taisent doivent organiser toute leur vie psychologique autour de ce secret.A tout moment, on se sent dévalorisé, jusqu'au jour où l'on craque

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Associations, groupes de paroles et lignes téléphoniques : une aide considérable

Ligne Azur : 0801 20 30 40 du lundi au samedi de 17h à 21 h ; www.ligneazur.orgFil Santé Jeune : 0 800 235 236 ; www.filsantejeune.com.Ecoute Gaie : 0810 811 057, du lundi au vendredi de 18h à 22h ; http://ecoute-gaie.france.qrd.org.SOS homophobie : 0810 108 135 ; www.france.qrd.org/assocs/sosLe refuge (contre l'isolement) : www.le-refuge.org

A lire

« Homosexualité et suicide », Eric Verdier et Jean-Marie Firdion, H&O, Broché, étude, 2003, 300 pages, 17 euros.

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mardi 27 Septembre 2005 : 02h00
Source : Etude Inserm et Aremedia, Marc Shelly, 2005.