Sida : une molécule sur mesure issue de la synthèse chimique

Après le génie génétique, le génie chimique apporte sa contribution à la cause du sida. Une molécule, entièrement synthétique, a été fabriquée sur mesure pour faire barrage à l'entrée du virus du sida dans les cellules. D'une efficacité proche de 100% chez des souris, cette molécule devrait prochainement être testée chez l'homme.
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Cette molécule, dénommée PSC-Rantes, a été entièrement produite par synthèse chimique. Son efficacité se révèle cinquante fois supérieure à celle des molécules équivalentes déjà disponibles.Pour la petite histoire, de nombreuses substances naturelles ayant la capacité de bloquer l'entrée du virus du sida (VIH) dans les cellules, ont déjà été identifiées. Cependant, elles n'ont jamais permis d'obtenir d'effet thérapeutique. C'est ainsi que des substances similaires ont été produites par génie génétique : elles sont composées d'un assemblage de fragments naturels. Leur activité, supérieure à celle des substances naturelles, empêche la pénétration cellulaire du VIH. Toutefois, en utilisant les dernières techniques de synthèse chimique, des chercheurs ont réussi à mettre au point une autre molécule, entièrement synthétique, dont les propriétés sont un peu différentes, et qui est au final près de cinquante fois plus efficace.Après des tests in vitro, cette substance a été administrée à des souris. A faible dose, elle protège 30% des animaux contre l'infection par le VIH. A forte dose, la protection obtenue a été de 100%. Expérimentée ensuite chez le macaque, animal plus proche de l'homme que les rongeurs, aucun effet toxique n'a été détecté.

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Reste à vérifier l'efficacité de cette molécule chez l'homme, ce qui nécessitera un certain nombre d'ajustements. Mais ces résultats préliminaires démontrent déjà que l'utilisation de la synthèse chimique totale est une stratégie très intéressante.

Des molécules de ce type permettront non seulement de soigner, mais aussi de prévenir l'infection par le virus du sida.

Publié le 11 Janvier 2005
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Hartley et coll.
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, PNAS, novembre 2004, édition en ligne.