Et si la spasmophilie n'existait pas !

À première vue, la spasmophilie est très répandue. Elle se soigne habituellement par des compléments de type magnésium, calcium, vitamines.… Pourtant, la plupart des psychiatres affirment que la spasmophilie n'existe pas. La spasmophilie se présente sous forme de crises comportant des signes très divers ...

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Comment se manifeste-t-elle ?

Fourmillements, engourdissements des extrémités, crampes, contractions musculaires, maux de tête, boule dans la gorge, sensation d'oppression, vertiges, nervosité, anxiété, sensation de fatigue intense, hyperventilation, tremblements, sueurs sont les symptômes habituels. Dès lors que des personnes se plaignent de ces signes très désagréables, pourquoi les psychiatres ne croient-ils pas à cette maladie ? C'est essentiellement que la description de la spasmophilie, correspond aux signes classiques des principales manifestations physiques d'anxiété. Et la crise de tétanie, manifestation la plus connue et la plus spectaculaire de la spasmophilie correspond aux symptômes de la crise de panique ou crise d'angoisse aiguë. En voici les signes tels qu'ils sont décrits dans le DSM4, dictionnaire des maladies psychiatriques : palpitations, tachycardie (coeur qui bat très vite), transpiration, tremblements ou secousses musculaires, sensation de souffle coupé ou impression d'étouffement, douleur ou inconfort thoracique, sensation d'étranglement, douleur ou gêne gastrique, nausée ou gêne abdominale, sensation de vertige, d'instabilité, de tête vide ou d'impression d'évanouissement, déréalisation (sentiment d'irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi), peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou, peur de mourir, paresthésies (sensations d'engourdissement ou de picotements), frissons, bouffées de chaleur On peut constater que ces deux tableaux se ressemblent énormément ! De plus, aucun traitement de la spasmophilie n'a fait la preuve d'une quelconque efficacité lors d'études très rigoureuses. Il n'existe donc pas de traitement spécifique d'un trouble physique objectif.

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Mais pourquoi donc vouloir débaptiser la spasmophilie en crise d'angoisse aiguë ? Pourquoi ne pas lui garder son nom ?

Le problème est de laisser croire aux personnes qui sont victimes de spasmophilie qu'il s'agit d'une maladie uniquement physique. Elles peuvent alors penser trouver une solution de traitement par divers compléments alimentaires. Cela n'est sans doute pas dangereux, mais cela les empêche de trouver une vraie réponse à leur maladie. Car le véritable traitement est celui des crises d'angoisse. Si la crise est très forte, un médicament anxiolytique peut la faire cesser, mais à long terme, la méthode à privilégier est une psychothérapie comportementale qui, elle, permettra de prévenir les crises. Il s'agit entre autres d'apprendre à faire diminuer l'anxiété par des méthodes de relaxation. Il serait dommage de ne pas bénéficier de ces thérapies comportementales simplement parce que l'on n'ose pas parler franchement de troubles anxieux.

À noter qu'il existe peut-être une sorte d'hyper réactivité anxieuse chez les personnes étiquetées spasmophiles. Il leur faut donc apprendre à vivre avec cette hyper réactivité en empêchant cette anxiété de monter trop haut. C'est en ce domaine qu'un psychiatre formé aux thérapies comportementales et cognitives peut les aider.

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 17 Mai 2005 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 09 Février 2011 : 09h59