Spasmophilie. Et si on faisait confiance aux techniques comportementales ?

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 21 Septembre 2010 : 11h27
Mis à jour le Mardi 28 Septembre 2010 : 17h19

« Bonjour à tous, je fais des crises de spasmophilie et ça me fait extrêmement peur : j'ai l'impression que je vais mourir à chaque crise. Aidez-moi à comprendre !!!!!!!!!! » Cette lectrice d’E-santé souffre trop et inutilement. Pourquoi ne pas lui dire que la spasmophilie n’est pas une maladie, et qu’elle souffre en réalité de crises de panique dont la prise en charge a été révolutionnée par les thérapies comportementales et cognitives ?

PUB

« Je suis spasmophile depuis près de 30 ans, et en cas de crise je suis toujours aussi angoissée. Hypertension, et tremblements, sensation d'étouffement....Magnésium, lithium oligosol, acupuncture et surtout, être entouré voilà....MAIS AUJOURD’HUI JE SUIS EN PLEINE CRISE ET RIEN NE VA ». Trente années de souffrances avec une pseudo-maladie soignée avec des pseudo-traitements. Que conseillait-on aux spasmophiles, et que leur conseille-ton encore trop souvent aujourd’hui : Prendre du magnésium, manger beaucoup de fruits, ne pas s’en faire, ce n’est pas grave, déstresser, prendre ou pas des anxiolytiques de temps en temps.

Pourtant, les signes de la spasmophile sont bien ceux de la crise depanique : palpitations, tachycardie (cœur qui bat très vite), transpiration, tremblements ou secousses musculaires, sensation de souffle coupé ou impression d'étouffement, douleur ou inconfort thoracique, sensation d'étranglement, douleur ou gêne gastrique, nausée ou gêne abdominale, sensation de vertige, d'instabilité, de tête vide ou impression d'évanouissement, déréalisation (sentiment d'irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi), peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou, peur de mourir, paresthésies (sensations d'engourdissement ou de picotements), frissons, bouffées de chaleur...

PUB
PUB

Une vaste étude menée par l’Inserm, synthétisant plus de 1000 études, a démontré de manière catégorique l’efficacité des thérapies comportementales et cognitives (TCC) dans cinq maladies psychiques courantes :

- Trouble panique

- Agoraphobie

- Trouble de l’anxiété généralisée

- Phobie sociale

- Stress post-traumatique

Les TCC ont de plus l’avantage d’être souvent des thérapies courtes. L’objectif est de travailler avec le thérapeute sur les symptômes, sur les comportements et les pensées (ou cognitions). Il s’agit de déprogrammer des automatismes anxieux, en les remplaçant par des comportements adaptés, qui progressivement écartent les pensées nocives, jusqu’à les faire disparaître.

En pratique, si vous souffrez des signes décrits plus haut, ou si l’on vous a donné un diagnostic de spasmophilie, cherchez à vous faire traiter par un thérapeute spécialisé dans les TCC. Dans ce but, l’Association française de thérapie comportementale et cognitive propose sur son site un annuaire des membres ayant suivi son cursus de formation de cinq années.

http://www.aftcc.org/membres_carte.php?PHPSESSID=f2d66111fd6b6546828e9ffba3fd0126

Sachez enfin que plus vous commencez tôt votre traitement, plus les chances de guérison sont élevées, et plus les thérapies sont courtes, de l’ordre d’une douzaine de séances.

Source : INSERM 2004. Procédure d'expertise collective autour de l'évaluation des psychothérapies

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 21 Septembre 2010 : 11h27
Mis à jour le Mardi 28 Septembre 2010 : 17h19
PUB
PUB

Contenus sponsorisés