Seniors grincheux : vous trouvez ça normal ?

L'aïeul devenu acariâtre, bougonnant et cynique, rappelle à chacun une foule de sentiments, inspirés d'expériences vécues ou racontées. Personne ne peut plus évoquer la ressemblance entre l'un de ses proches et « Tatie Danielle », sans déclencher les réactions consternées et condescendantes de son entourage. Attention tout de même, à ne pas négliger une vraie pathologie : la dépression.

Publicité

Dans certains cas, la dépression de la personne âgée prend des allures bien étranges !

La méfiance, la malveillance, l'irritabilité, l'opposition ou encore l'agressivité sont toutes des attitudes entrant dans le diagnostic de dépression. Pour la distinguer pourtant de la dépression « classique » de l'adulte où de la tristesse, de la culpabilité et de l'auto dépréciation dominent, les psychogériatres ont nommé cette affection la « dépression hostile ». L'hostilité traduit une attitude complexe, résultant d'une « grande méfiance vis-à-vis des motivations d'autrui », et aboutit à des comportements inamicaux, tant la personne se tient surla défensive. Pour nuancer un peu, cette hostilité peut aussi correspondre à un vrai trait de caractère, sans que cela soit du domaine de la pathologie. Mais dans ce cas, l'entourage le sait de longue date...

Publicité
Publicité

C'est le changement brutal de personnalité qui doit interpeller

L'explosion de colère pour des choses qui n'avaient avant aucune importance, la bouderie à la moindre contrariété, les reproches nouveaux et incessants, etc. Tous ces événements peuvent rendre rapidement le quotidien extrêmement difficile. Le pire, c'est que toutes ces manifestations se retournent essentiellement contre les personnes les plus proches affectivement. L'entourage est alors complètement démuni, surtout lorsque les refus concernent le fait de manger, de prendre les médicaments, de se laver ou de retenir ses urines…

 
Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Mercredi 05 Février 2003 : 01h00
Mis à jour le Lundi 10 Octobre 2011 : 09h56
Source : Rageau J.P. La dépression hostile. Supplément, 2002 ; 22 : 23.