Repérer la maladie d’Alzheimer sans se tromper

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Inattentions fréquentes, pertes d’objets répétées… la maladie d’Alzheimer semble une évidence. Pourtant, très souvent, ces signes sont simplement le reflet du vieillissement normal de la mémoire. Savoir repérer la maladie, c’est permettre un diagnostic précoce. Ou, à l’inverse, et le plus souvent, arrêter de s’inquiéter sans raison. Comment trier le vrai du faux, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer.

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Simple ʺtrouʺ de mémoire ou maladie d’Alzheimer ?

L’inquiétude concernant le risque d’avoir une démence, en particulier la maladie d’Alzheimer, grandit parmi la population.

Pr Bruno Dubois, neurologue, Directeur du Centre des Maladies Cognitives et Comportementale à l’Hôpital de la Salpêtrière (Paris) : « Passé un certain âge, les plaintes de mémoire apparaissent. Mais attention à ne pas confondre mémoire et attention ! Beaucoup de personnes mettent sur le compte d’un défaut de mémoire ce qui n’est qu’un simple défaut d’attention ». D’où l’intérêt de réaliser un bilan en consultation de mémoire en cas de doute persistant.

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Vous vous plaignez de votre mémoire ? La maladie d’Alzheimer est peu probable !

En règle générale, une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ne se plaint pas ou peu de troubles de mémoire.

Pr Bruno Dubois : « Plus on se plaint de sa mémoire, moins on a de risque d’avoir une maladie d’Alzheimer. Quand on fait passer des tests de mémoire (comme le Test des 5 mots, réalisé en cabinet par un médecin dûment formé pour que le test soit interprétable), on se rend compte que ceux qui déplorent une mémoire défaillante ont souvent des performances bien meilleures que ceux qui ne s’en plaignent pas ! » En effet, les tests Alzheimer ou tests de mémoires font la part entre les troubles de l’attention (liés à l’âge, à une dépression…) et le trouble vrai de mémoire, c’est à dire l’incapacité à transformer une information en un souvenir. Cela peut sembler paradoxal, mais le malade Alzheimer, même au tout début, ne se rend pas compte de son état (on parle d’anosognosie). Il estime au contraire que sa mémoire se porte bien, du moins "comme quelqu’un de son âge" !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 11 Septembre 2015 : 09h45
Mis à jour le Mardi 24 Novembre 2015 : 16h43
Source :  D’après un entretien avec le Pr Bruno Dubois neurologue, Directeur du Centre des Maladies Cognitives et Comportementale à l’Hôpital de la Salpêtrière (Paris).
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