Le régime Atkins fait encore des victimes !

Dans son éditorial, le Lancet, l'une des plus grandes revues médicales internationales, rapporte le cas d'une femme hospitalisée en urgence à la suite d'un régime Atkins. C'est l'occasion de rappeler que les régimes trop déséquilibrés sont potentiellement dangereux, comme le régime Atkins qui élimine de l'alimentation les sucres.
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Régime Atkins

Vomissements, nausées, perte de l'appétit, douleurs à l'estomac, rien n'allait plus chez cette femme de 40 ans, obèse, qui suivait depuis un mois un régime Atkins au cours duquel elle ne mangeait que de la viande, des salades et du fromage. Elle prenait en complément des vitamines, des oligoéléments et des acides gras oméga 3, ce qui n'a rien changé : quand un régime est trop déséquilibré, les compléments alimentaires ne peuvent y suppléer.

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Un régime qui finit au bord du coma

Le bilan effectué en urgence montre une cétonurie des urines (élimination excessive de corps cétoniques, composés acides) et une acidité du sang, ce qui confirme que cette femme allait vers un coma, tels ceux que l'on observe chez les gens faisant de grands jeûnes ou chez les diabétiques privés d'insuline. Faute de sucre, l'organisme cherche à transformer ses propres graisses en sucre, ce qui, quand cette réaction est trop massive, entraîne la production de corps cétoniques, source d'une grande acidité de l'organisme. Vomissements, douleur à l'estomac, malaise, puis coma sont au rendez-vous Les autres signes sont l'accélération de la respiration (pour éliminer par voie respiratoire les corps cétoniques) et une augmentation des globules blancs. Dans les cas extrêmes, on voit une déshydratation et une chute des électrolytes dans le sang (sodium surtout).Une perfusion de dextrose (du sucre !) et de bicarbonate de sodium, a permis de tirer d'affaire cette patiente qui en sera quitte pour une grosse frayeur ! Reste que son exemple est important à connaître pour éviter de tomber dans le même piège.

Publié le 03 Avril 2006
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : The Lancet, vol 367, 18 mars 2006, p958 et 880-881.