Quand le jeu devient une drogue...

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Lundi 14 Octobre 2002 : 02h00
Qui n'a pas une fois vibré en écoutant le cliquetis des pièces tombées d'une machine à sou ? Qui n'a pas une fois tenté de gratter une carte dans l'espoir de devenir multimillionnaire ? Le jeu d'argent (PMU, loto, casino, etc.), quand il est épisodique, offre, l'espace d'un instant, un morceau de rêve et d'espoir. Mais pour d'autres, qui deviennent de véritables drogués du jeu, le rêve tourne au cauchemar.
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Norbert a 36 ans. Il est chauffeur de bus. Sur la route qu'il emprunte pour se rendre à son travail, un café. Ce lieu est pour lui devenu un enfer. Il ne peut s'empêcher depuis plus de dix ans de s'y arrêter chaque jour. Le prétexte ? Jouer une fois, une seule fois, au jeu de course en direct puis repartir. Le problème, c'est que lorsqu'il a commencé, il ne peut plus s'arrêter de jouer. Chaque fois qu'il perd, il s'offre une nouvelle mise avec le ferme espoir de gagner et de se « refaire » pour récupérer l'argent perdu. Lorsqu'il gagne, il mise tout à nouveau avec la conviction que la chance est avec lui. Résultat : il lui arrive de ne pas se rendre au travail et il est au bord du licenciement. Ses dettes se comptent en milliers d'euros et ses amis, auxquels il doit de l'argent, ne lui adressent plus la parole. Enfin, sa femme menace de divorcer s'il ne se fait pas soigner. Lui-même, ne supporte plus l'état d'anxiété qui l'assaille, lorsqu'en sortant du café, abandonnant l'euphorie dans lequel il était, il prend conscience de ce qui vient de se passer et du gouffre dans lequel il est enfermé.

Le jeu pathologique : une véritable maladie

Norbert est malade. Sa maladie ? Le jeu pathologique, une forme de dépendance que les psychiatres connaissent bien et ont répertorié depuis plus de 20 ans (1980) dans le manuel américain (DSM), qui recense et classe l'ensemble des maladies psychiatriques. Le jeu pathologique correspond, selon cette classification, à une définition très précise, en sept points, dans lesquels les joueurs invétérés n'ont pas de mal à s'y retrouver. La présence de 4 critères permet au médecin d'affirmer le diagnostic. Mais pour un joueur, le simple fait de répondre positivement à l'une des affirmations, devrait déjà constituer un signal d'alerte. Les critères, en résumé, évoquent en tout point ce qui arrive à Nobert :

  • le sujet est souvent préoccupé par le jeu ;
  • le jeu est fréquent et les mises importantes ;
  • le joueur doit parier de plus en plus pour atteindre l'état d'excitation souhaité ;
  • lorsqu'il perd, il tente de se refaire ;
  • ses efforts pour se restreindre à jouer sont inefficaces ;
  • le jeu se fait au détriment des activités familiales, sociales ou professionnelles ;
  • le joueur invétéré continue à miser alors même qu'il n'est plus en mesure de faire face à ces dettes.
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2 à 3% des adultes sont des joueurs invétérés

Nobert n'est pas le seul à souffrir de cette dépendance. En France, on estime qu'environ 2 à 3% des adultes sont atteints de cette même maladie. Dans la majorité des cas, ce sont des hommes. Les femmes, dans un même registre de comportement de dépendance et de compulsion, ont une préférence pour les achats…

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Lundi 14 Octobre 2002 : 02h00
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