Qu'est-ce que l'incontinence urinaire d'effort ?

L'incontinence urinaire d'effort est caractérisée par une fuite involontaire sans aucune sensation de besoin d'uriner et qui survient lors d'efforts. C'est l'augmentation de la pression abdominale durant un effort, comme par exemple la toux, le soulèvement d'une charge ou de toute autre activité physique qui entraîne une fuite d'urines.

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Deux grands mécanismes sont à l'origine de l'incontinence urinaire d'effort

  • La perte du support anatomique (constitué de la paroi vaginale antérieure, et des muscles du périnée) du col vésical et de la portion initiale de l'urètre.

    Ce support anatomique joue le rôle d'un « hamac » sous la portion initiale de l'urètre, et assure un contre-appui sur lequel l'urètre est comprimé pendant l'élévation de pression abdomino-pelvienne survenant au cours d'un effort.

  • L'insuffisance sphinctérienne, elle, correspond à une altération du fonctionnement de l'appareil sphinctérien de la vessie (sphincters lisses et striés), qui de ce fait ne joue plus son rôle compresseur de l'urètre.

    C'est donc principalement lors des efforts que les fuites ont lieu.

    Une simple toux peut engendrer une pression suffisante pour que le sphincter ne puisse garder l'urètre fermé.

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    Dans le cas d'une incontinence d'effort, la faiblesse du sphincter et des muscles du périnée ne permet pas d'assurer leur fonction de contrôle.

    En effet, la pression abdominale exercée sur le périnée lors d'un effort (mouvement, toux...) entraîne une pression supérieure à la résistance du sphincter et du périnée, entraînant les fuites.

Quelles sont les causes de l'incontinence urinaire d'effort ?

L'incontinence urinaire d'effort est consécutive à plusieurs causes, parfois associées entre elles :

  • Traumatismes obstétricaux : lors des grossesses et de l'accouchement en particulier, le périnée des femmes subit une détérioration pouvant entraîner une incontinence temporaire.

    Elle est observée notamment dans le cas d'accouchement de bébé dépassant les 4 kg.

    Le nombre de grossesses et les éventuelles déchirures périnéales intervenues lors de l'accouchement sont des facteurs de risques supplémentaires pour la femme.

  • Les traumatismes chirurgicaux engendrés par une hystérectomie (ablation de l'utérus), ou une chirurgie rectale.

  • Ménopause : les modifications hormonales qui l'accompagnent sont responsables d'une atrophie vulvo-vaginale et de la muqueuse urétrale, d'une diminution de la sensibilité du sphincter lisse, autant de facteurs qui altèrent l'efficacité du mécanisme sphinctérien et de support de la vessie et de l'urètre.

  • La constipation : les augmentations de pression abdominale qu'elle entraîne par les poussées répétées au moment de la défécation ont un retentissement sur le plancher pelvien assurant le maintien de la vessie et de l'urètre.

  • La toux chronique et le tabagisme : les femmes fumeuses auraient 2 à 3 fois plus de risque de devenir incontinentes par rapport aux femmes non fumeuses.

  • L'activité sportive et professionnelle : l'incontinence étant liée directement à l'état du périnée, certaines professions impliquant le port de lourdes charges ou encore la pratique de sports, comme l'athlétisme, nécessitant de fortes poussées abdominales répétées peuvent être à l 'origine d'incontinence ou de faiblesse urinaire.

  • L'obésité.
Publié le 05 Novembre 2007 | Mis à jour le 12 Avril 2016
Auteur(s) : Dr Mickael Dahan, urologue à Tenon
Source : Sphère Santé