La protection contre le virus du sida, trop aléatoire dans les milieux gay

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Alors que les risques d’infection par le virus du Sida en cas de rapport sexuel non protégé et notamment de pénétration anale, sont bien connus des milieux homosexuels, le recours au préservatif n’est toujours pas systématique. Plus d’un tiers des 18 – 25 ans, ne se protègent pas en cas de relation avec un partenaire dont le statut sérologique est différent ou inconnu. 

Conséquence : l’épidémie de Sida progresse à nouveau dans les milieux homosexuels …

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Des comportements sexuels à risques

Selon un travail publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), à partir d’une enquête auprès de 24.343 homosexuels majeurs utilisant internet comme moyen de rencontre, les comportements sexuels des 18-25 ans sont un peu moins risqués que ceux de leurs aînés : en l’occurrence, ils déclarent moins de partenaires occasionnels et ont moins de pratiques à risque comme la pénétration sexuelle anale volontairement non protégée («bareback»).

Pour autant, eux aussi multiplient les erreurs : s’ils sont 62 % à rapporter ne pas se protéger avec un partenaire stable, ils sont également 36,4 % à jouer à la roulette russe en ne se protégeant pas avec un partenaire ponctuel. Et près de quatre sur dix ont déclaré ne pas s’être protégés au cours des 12 derniers mois.

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En matière de dépistage aussi, il reste beaucoup à faire : 53,9 % des 18-25 ans interrogés disent en effet avoir pratiqué un dépistage au cours des 12 derniers mois.

Dans une population où l’incidence de Sida est 200 fois plus élevée que chez les hétérosexuels - en France, sur les 7000 nouvelles contaminations par an, la moitié concerne des gays - ce n’est donc toujours pas suffisant …

Plusieurs pistes à suivre

Ce n’est pas parce que les messages de prévention sont bien connus qu’ils sont bien suivis. Les experts sont donc conscients que le simple fait d’encourager le port du préservatif ne suffit pas. Il faut aussi encourager davantage le dépistage.

Et pour les personnes séropositives, faciliter l’accès aux antirétroviraux pour diminuer le risque infectieux au cours des rapports. Le recours au Truvada®, pour protéger les personnes non infectées mais qui prennent des risques, est également une piste intéressante, sans oublier l’usage de microbicide rectal, qui mérite que l’on s’y intéresse de plus près.

Il y a urgence : selon les chercheurs, le sida serait une épidémie à nouveau émergente au sein de la communauté gay et la France ne serait pas épargnée …

Publié le 25 Juillet 2012 | Mis à jour le 25 Juillet 2012
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : BEH, 31-32, juillet 2012
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