SIDA : ce n'est pas fini

Le succès des trithérapies dans le traitement du SIDA a dédramatisé cette maladie en divisant le nombre des décès par 5. Elle n'en reste pas moins redoutable, mais les gens en ont moins peur. L'Etat s'en inquiète et lance une campagne d'information.
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Les ventes de préservatifs sont à la baisse et les idées fausses sont à la hausse: le SIDA, moins dramatisé depuis l'avènement des trithérapies, fait moins peur. Aussi, au lieu d'être en régression, le nombre des infections ne cesse d'augmenter d'environ 5.000 nouveaux cas par ans (ce qui est considérable alors que le nombre de porteurs est aujourd'hui estimé à 120.000).

Une nouvelle campagne contre la banalisation

C'est dans ce but que le gouvernement vient de lancer une nouvelle campagne visant à expliquer que le SIDA est toujours présent et qu'il faut s'en protéger. Douze nouveaux cas par jour dit la pub, en montrant des jeunes gens en train de faire des choses banales comme regarder la météo à la Télé. Cela peut toucher tout le monde et les chiffres montrent que la contamination touche maintenant de nombreuses jeunes femmes pour qui le préservatif est redevenu un simple moyen contraceptif. La contamination hétérosexuelle est ainsi devenue prédominante avec 35% des cas. Surtout, alors qu'en 1988 1 femme était contaminée pour 10 hommes, aujourd'hui elles sont 1 pour 3.

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D'une manière générale, un sondage IPSOD effectué les 26 et 27 mai 2000 auprès de 1000 personnes montre que les Français sont moins inquiets et pour certains (18%) très mal informés. Cette carence d'information est la plus sensible chez les moins de 18 ans et chez les jeunes les moins éduqués. Outre ce manque d'information, 43% des personnes interrogées se disent moins inquiètes qu'avant, 14% estimant les précautions moins nécessaires et 20% les estimant moins essentielles.

Promouvoir l'usage des préservatifs

Mieux vaut tard que jamais et il faut saluer la campagne mise en place par le gouvernement. Mais on ne peut s'empêcher de penser que son lancement 3 mois plus tôt aurait permis au corps enseignant et aux parents de mieux s'impliquer en soutien de ce message de prudence. Il aurait aussi fallu informer sur l'usage du préservatif qui doit redevenir systématique. Car avoir peur c'est une chose et être amoureux en est une autre.

Publié le 10 Juillet 2000
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Campagne d'Information du Ministère de la solidarité présentée le 4 juillet 2000