Prise de poids : quand la nourriture comble un vide...

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Cette nouvelle histoire de poids est une parfaite illustration de ce qu'une pédiatre psychanalyste américaine, Hilde Brunch, appela dans les années 1950, la « confusion des affects ». Hilde Bruch partait de l'idée que la reconnaissance de nos besoins corporels, et en particulier de notre besoin de manger, n'est pas innée mais acquise au cours d'un apprentissage depuis notre plus tendre enfance et dès les premiers mois de la vie. Si cet apprentissage est défectueux, l'enfant peut être incapable de distinguer la sensation de faim d'autres états émotionnels, ce qui peut conduire à des prises alimentaires inconsidérées

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Prise de poids : l'histoire de Mme R

Mme R Monique, âgée de 41 ans, vient me consulter pour perdre du poids. Elle n'a pas d'antécédent familial de surpoids ou d'obésité. Ce point est important pour la suite.Parmi ses antécédents, on retrouve surtout un épisode dépressif vers l'âge de 20 ans.Son histoire « pondérale » débute vers cet âge où elle traverse une période professionnelle difficile et se met à grossir pour passer de 53 kg à 62 kg pour 1,52 m. Considérant l'indice de masse corporelle (IMC), elle passe d'un poids normal (IMC à 23 kg/m²) à un surpoids modéré (IMC à 26,8 kg/m²). C'est à cette époque qu'elle commencera à faire des régimes avec un véritable syndrome du « yo-yo » puisqu'à chaque régime, elle reprend plus de poids pour atteindre au bout de 16 ans un poids maximal de 98 kg soit une prise de 45 kg en 16 ans. Depuis quelques mois, elle fait plus attention à son alimentation et a perdu une dizaine de kilos. Elle vient me consulter car son poids stagne.Elle me signale avoir tendance à craquer en cas d'angoisses. A la première consultation, son poids est de 89 kg soit un IMC à 38 kg/m². L'examen clinique ne montre pas de retentissement de cet excès de poids sur la santé. En revanche, il existe un important trouble de l'estime de soi avec sentiment de dévalorisation.

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Comment Mme R en arrive à faire du "grand yoyo"

Je lui propose de travailler la diététique à partir de menus calibrés comme je le fais avec le site www.monregimeperso.fr. Mon objectif est de lui permettre de se situer par rapport à une alimentation calibrée en énergie et apprécier ainsi son degré de restriction actuel. En effet, elle a déjà mis en place des corrections diététiques qui lui ont permis de perdre 10 kg. Je lui propose également de travailler un peu différemment afin d'éviter le « toujours plus de la même chose qui ne marche pas » et que l'on reproduit inlassablement. « Je fais régime : je perds du poids; J'arrête le régime : je reprends plus de poids; Qu'est ce que je fais alors : un régime encore plus strict qui me fait perdre un peu moins de poids, pour en reprendre encore plus ensuite. ». Le syndrome du « yo-yo » dans toute sa splendeur.

Publié par Dr Dominique Boute, médecin spécialisé en endocrinologie le Lundi 24 Décembre 2007 : 01h00