Polyarthrite rhumatoïde : se battre pour ses articulations

En France, 400.000 personnes atteintes ! Cette maladie n'est pas mortelle mais elle abîme les articulations de jour en jour. La contrer suppose un travail d'équipe associant médecin rhumatologue, rééducateur et chirurgien. Si les traitements actuels ne permettent pas encore de la guérir, la recherche génétique dispose de sérieux atouts.
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Maladie auto-immune, maladie de système

La polyarthrite rhumatoïde (PR) fait partie d'une grande famille de maladies qu'on appelle "auto-immunes". Ces pathologies sont dues à un dérèglement de l'immunité qui n'attaque plus seulement les éléments pathogènes étrangers à l'organisme (comme les virus par exemple), mais également les propres tissus de l'organisme. On n'en connaît pas encore bien les mécanismes, mais on sait déjà que l'hérédité joue un grand rôle, et qu'il existe peut-être également des causes extérieures (alimentaires ou environnementales) et psychologiques. Dans ces maladies, on peut également classer entre-autres la maladie de Crohn (colon), la maladie de Basedow (thyroïde), certaines formes de diabète, la maladie de Horton, le lupus, mais il en existe beaucoup d'autres. C'est donc l'ensemble de l'organisme qui est touché ou l'ensemble des tissus d'un même "système". C'est ainsi que l'on peut voir par exemple des vascularites (inflammation des artères par l'attaque auto-immunitaire), et des arthrites (par l'attaque des tissus articulaires), dont la polyarthrite rhumatoïde. Au niveau biologique ces phénomènes immunologiques permettent d'aider le diagnostic par la recherche d'anticorps (dans la PR, il s'agit du facteur rhumatoïde).

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Surtout les articulations

La PR provoque l'inflammation des articulations par atteinte auto-immunitaire. Celles-ci deviennent rouges, gonflées, chaudes, raides et douloureuses. Les symptômes se calment en général le soir pour reprendre en fin de nuit, ce qui explique qu'un "dérouillage matinal "soit nécessaire à la remise en route des articulations. Les articulations des mains sont en général touchées en premier avec les genoux, mais les autres articulations peuvent être touchées avec l'évolution de la maladie (épaules, chevilles, coudes). Par ailleurs, comme dans les autres maladies auto-immunes, on trouve des atteintes d'autres tissus et organes comme les reins, le coeur, la peau (nodules sous-cutanés). Il existe également une baisse de l'état général lors des poussées.

Publié par Dr Renaud Guichard, chirurgien le Lundi 18 Juin 2001 : 02h00