Pollution et troubles respiratoires : 3.500 bébés au banc d'essai

Première enquête du genre : évaluer chez 3.500 bébés parisiens les liens entre la pollution atmosphérique et les troubles respiratoires. Il est nécessaire d'évaluer la contribution de la ville dans ce phénomène d'augmentation des pathologies respiratoires, dont l'incidence a plus que doublé en dix ans.
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Cette enquête, qui sera réalisée sur 3.500 enfants suivis de la naissance à six ans, est organisée par la Mairie de Paris afin de déterminer le rôle de l'environnement dans l'émergence de l'asthme, de la bronchiolite et de la rhinite infantiles. L'asthme affecte aujourd'hui plus de 3,5 millions de personne en France, dont 7% d'enfants. Selon une enquête réalisée à Paris en 1994, 11% des élèves scolarisés en section élémentaire en présentaient des symptômes.

Certes, on ne peut exclure le rôle des variations génétiques au sein des populations, tandis que le rôle des antécédents familiaux, de l'allaitement et du mode de garde sont prouvés, mais on sait également que la pollution aggrave ces pathologies chroniques. Reste à prouver si elle intervient également dans leur apparition.

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Les premières années de la vie sont déterminantes car c'est durant cette période que l'être est le plus vulnérable en raison de l'immaturité du système respiratoire et des contacts avec d'éventuels allergènes. Sera donc analysée la part de chaque polluant dans la genèse des troubles respiratoires : pollution automobile, tabagisme passif, humidité du domicile, literie, système de chauffage et de ventilation, matériaux d'isolation... Seront également évaluées, l'hygiène, qui en excès peut accentuer ces maladies, et la tendance au confinement, puisque la population passe entre 75 et 90% de son temps à l'intérieur.Les données atmosphériques sur les lieux de vie, de garde et de scolarisation seront fournies par AIRPARIF.

Ce projet, d'un budget de 2,7 millions d'euros, devrait aboutir en décembre 2011, mais des résultats préliminaires seront publiés d'ici trois ans. Actuellement, 195 nourrissons ont déjà été inclus. Le recrutement va se poursuivre jusqu'en décembre 2004, sur la base du volontariat des familles, dans quatre maternités parisiennes qui réalisent plus de 1.000 accouchements par an : Hôpitaux Tenon - XXe, Necker - XVe, Rothschild - XIIe et l'Institut mutualiste Montsouris - XIVe.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 18 Juin 2003 : 02h00