La polémique enfle autour des médicaments génériques

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Conforme au médicament original ou pas conforme, telle est la question actuellement posée à propos des médicaments génériques. Et selon l’Académie de médecine, la réponse est non.

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Médicaments génériques : des excipients différents qui peuvent changer la donne

Un médicament générique est une copie d’un médicament tombé dans le domaine public, mais pas sa copie exacte. En effet, seul le principe actif est le même. Les autres substances qui lui donnent son apparence, sa couleur, sa forme, son goût, etc., sont variables. Et c’est bien là que le bât blesse : selon l’Académie de médecine, ces modifications des excipients peuvent aboutir à des différences en termes de délai d’action (plus long), voire une moindre efficacité. Cela a notamment été montré avec certains médicaments antibiotiques injectables. Et de sérieux doutes pèsent sur certains antiépileptiques, anticoagulants, traitements à visée cardiologique, etc., soit des traitements pour lesquels les conséquences de la substitution du médicament princeps par un générique pourraient être graves. Enfin, les allergiques ne sont pas à l’abri d’une réaction à un des excipients et les personnes âgées, d’une confusion entre deux médicaments lorsqu’elles ne reconnaissent pas leur pilule habituelle.

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Médicaments génériques : que faire en pratique ?

Autant il est absurde de vouloir tout substituer, surtout pour des pathologies délicates à équilibrer, autant il est idiot de jeter l’opprobre sur l’ensemble des génériques, d’autant que l’Agence du médicament (Afssaps) et la Commission nationale de pharmacovigilance, n’ont pas relevé de problèmes particuliers.

En attendant que les instances officielles se mettent d’accord, le plus sage est de voir, au cas par cas, avec son médecin, ce qui peut être substitué et ce qu’il vaut mieux éviter. Les génériques, ce n’est pas la panacée pour les allergiques, pour les personnes perdues dans leur traitement et pour les personnes bien équilibrées par leur traitement, mais qui risquent de faire des crises en cas de soudain changement. Enfin, ce n’est sans doute pas non plus une bonne idée quand il y a urgence …

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 29 Février 2012 : 11h04
Mis à jour le Mercredi 29 Février 2012 : 12h22
Source : Rapport de l’Académie de médecine sous la direction du Pr Charles Joël Menkès
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