Peut-on encore prendre une pilule de 3e génération ?

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Marion Larat a été victime en juin 2006 d’un accident vasculaire cérébral qui s’est révélé très invalidant. Imputant son accident à la prise quatre mois plus tôt de la pilule contraceptive de troisième génération, Meliane, elle porte aujourd’hui plainte contre le laboratoire Bayer.

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Pilule contraceptive de 3e génération : une double plainte

Bayer est l’objet de plusieurs plaintes similaires déposées aux États-Unis (13.500 plaintes contre la pilule YAZ). En France, il s’agit de la première, pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine". La plainte de cette jeune femme, aujourd’hui âgée de 25 ans et handicapée à 65% depuis son accident vasculaire cérébral, vise aussi le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui, au nom du principe de précaution, aurait dû demander le retrait du marché de cette pilule.

Mise sur le marché en 1995, l’autorisation de la pilule Meliane a été modifiée en 1997 après considération d’un risque accru de troubles emboliques veineux.

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Dix ans plus tard, la supériorité des pilules de 3e génération par rapport à celles de 2e génération n’est toujours pas attestée.

Pis, le Ministère de la santé a décidé de dérembourser ces pilules de 3e génération à compter du 30 septembre 2012, suite à un rapport de la Commission de transparence de la Haute autorité de Santé (HAS) montrant « un risque de complications thrombo-veineuses (phlébites) deux fois plus élevé que chez les femmes sous pilules de 2e génération », confirmant la recommandation officielle selon laquelle les pilules de 2e génération doivent être prescrites en première intention.

Entre 1,5 et 2 millions de femmes françaises utilisent les pilules de 3e génération.

Que retenir en pratique ?

  • Selon le Ministère de la santé, le risque de complications thrombo-veineuses serait très faible : « 3 à 4 cas pour 10.000 utilisatrices ».
  • Il est surtout présent en début de traitement, au cours de la première année d’utilisation.
  • Ainsi, les femmes qui prennent une pilule de 3e génération depuis plus d’un an sans aucun problème peuvent continuer sans risque.
  • En revanche, au moindre doute et surtout en début de traitement, il faut consulter son médecin traitant ou son gynécologue.
  • Enfin, tout cas de phlébite ou d’antécédent familial de thrombose doit être signalé au médecin lors de la prescription de la pilule, car de tels événements contre-indiquent une pilule de 3e génération.
Publié le 18 Décembre 2012 | Mis à jour le 18 Décembre 2012
Auteurs : Rédaction E-sante.fr
Source : AFP, Le Figaro, Le Monde, Le Parisien, 14-17 décembre 2012.
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