À partir de 3 mois de traitement, les benzodiazépines augmentent le risque d’Alzheimer…

Une étude franco-canadienne confirme l’existence d’une association entre la maladie d’Alzheimer et une consommation de longue curée de benzodiazépines, des médicaments couramment prescrits chez les personnes âgées contre l’anxiété et les troubles du sommeil.
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Deux fois plus de risques de maladie d’Alzheimer

Pour cette étude, 1.796 cas de maladie d’Alzheimer figurant dans la base de données de l’Assurance maladie du Québec ont été comparés à quelques 7.000 sujets témoins d’âge similaire, soit supérieur à 66 ans.

Connaissant les sujets ayant bénéficié d’une prescription de benzodiazépines et la durée totale de ce traitement, les chercheurs constatent que l’utilisation de ces médicaments pendant trois mois ou plus augmente de 51 % le risque de développer ultérieurement une maladie d’Alzheimer.

La nature du lien entre benzodiazépines et démence nécessite encore d’être précisée, mais l’on sait que la force de ce lien est liée à la durée du traitement. Autrement dit, plus le traitement dure longtemps, plus le risque augmente.

Inciter les patients à bien respecter la durée du traitement

Ce résultat fait office d’avertissement, sachant que les personnes âgées utilisent très souvent ces traitements et durant de nombreuses semaines, voire des mois ou des années, alors qu’officiellement ils ne devraient être prescrits que pour quelques semaines seulement.

En conclusion, les benzodiazépines restent des médicaments très utiles pour traiter l’anxiété et les troubles du sommeil, mais ils ne doivent être employés que sur de courtes périodes, pas plus de quelques semaines, « durée pour laquelle les chercheurs n'ont pas observé d'effets délétères sur le risque de démence ultérieur ».

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Source : Sophie Billioti de Gage dt al., British Medical Journal (BMJ), 10 octobre 2014, doi=10.1136/bmj.g5205.
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