Une nouvelle façon de lutter contre l'ostéoporose

Jusqu'à récemment, le traitement de l'ostéoporose passait par des médicaments freinant la résorption osseuse. Désormais, il existe une nouvelle molécule capable d'augmenter la formation osseuse. Autre nouveauté, cette spécialité pharmaceutique s'auto-injecte à l'aide d'un stylo prérempli, semblable à celui employé par les diabétiques.
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Avec l'allongement de la durée de vie, l'ostéoporose est devenue un problème majeur de santé publique. Cette maladie touche plus de 3,2 millions de femmes en France, soit une femme ménopausée sur trois !

Constitué à la fois de cellules constructrices (ostéoblastes) et de cellules destructrices (ostéoclastes), le tissu osseux est en perpétuel remaniement. Lorsque la destruction dépasse le processus de production, c'est l'ostéoporose. Il en résulte une fragilité osseuse, menant à des fractures aux conséquences désastreuses, avec souvent une limitation des activités quotidiennes, d'où une forte altération de la qualité de vie. Soulignons également le grave problème des récidives. Par exemple, on estime que le risque relatif de récidive fracturaire vertébrale est jusqu'à onze fois plus élevé chez les femmes ayant fait deux fractures, que chez un sujet non fracturé.

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Jusqu'à aujourd'hui, les traitements mis au point pour lutter contre l'ostéoporose visaient à freiner la résorption osseuse, c'est-à-dire à inhiber l'activité des cellules destructrices. On empêche ainsi le tissu osseux de se fragiliser davantage, mais la perte osseuse préexistante persiste.D'où l'intérêt de ce nouveau médicament, qui favorise cette fois la formation osseuse. Dénommé Forsteo®, cette molécule est un dérivé de la parathormone, une hormone impliquée dans le métabolisme osseux. Dans une étude contre placebo, administré durant 18 mois, à 1.637 femmes ménopausées souffrant d'ostéoporose avérée avec antécédent de fracture vertébrale, ce médicament diminue de 65% le risque de nouvelles fractures vertébrales et de 53% celui des autres fractures dont celles du poignet et du fémur, mais pas de la hanche.

En pratique

  • Il s'agit d'un médicament dit d'exception. C'est-à-dire qu'il est coûteux, innovant et prescrit selon des indications très précises. C'est ainsi qu'il s'adresse uniquement aux femmes ménopausées ayant une ostéoporose avérée avec comme antécédent au moins deux fractures vertébrales.
  • Il s'auto-injecte quotidiennement par voie sous cutanée dans la cuisse ou l'abdomen, à l'aide d'un stylo injecteur.
  • Ce stylo-injecteur est prérempli pour une durée de traitement de 28 jours.
  • La durée de traitement est de 18 mois (durée maximale recommandée en raison d'un risque de tumeurs de l'os constaté chez l'animal).
  • Le maniement du stylo nécessitant quelques explications, les laboratoires Lilly ont mis en place un numéro vert, permettant aux femmes d'obtenir les informations nécessaires : 0800 800 725 (appel gratuit, 24 heures/24 et 7 jours/7). Il s'agit d'un accompagnement téléphonique pris en charge par une équipe d'infirmières de Mondial Assistance.
  • Mis sur le marché en 2003 au prix de 398,87 euros, il est remboursé depuis le 17 août 2004 par la sécurité sociale à 65%.
Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 03 Novembre 2004 : 01h00