Nous sommes capables de reconnaître une personne malade à son visage

© Autre

L'œil humain est capable de faire la différence entre une personne malade et une en bonne santé à son visage. Des paupières tombantes, notamment, peuvent trahir la maladie.

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Le teint blafard, les paupières lourdes et gonflés, le nez rouge… La maladie ne nous présente pas sous notre meilleur jour. Et nos proches s'en rendent rapidement compte. L'œil humain est, en effet, capable de repérer les signes subtils d'une infection bactérienne. D'après une étude menée par le Karolinska Institutet (Suède), et publiée dans Proceedings of the Royal Society B, elle montre que la photographie d'un visage suffit pour y parvenir.

Pour le bien de cette expérience, 16 personnes se sont dévoilées sous l'objectif des chercheurs. Ces "cobayes" en bonne santé ont été photographiés sans maquillage ni ornements. Une seconde série de clichés a été réalisée après leur avoir injecté du lipopolysaccharide.

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Cette toxine, située à la surface de nombreuses bactéries, est à l'origine d'une réponse immunitaire se traduisant notamment par de la fièvre. Une réaction suffisante pour les faire paraître malades.

Une tendance à l'erreur

60 autres volontaires ont ensuite été invités à analyser ces photographies. Un groupe a trié les personnes en bonne santé ou malades. L'autre a évalué, sur une échelle de 1 à 7, si ces modèles semblaient fatigués ou non.

Ce tri rapide semble plutôt efficace : sur les 16 personnes prises en photo, 13 ont été identifiéescorrectement comme malades. Pour y parvenir, les participants s'appuyaient principalement sur la pâleur de leur teint et la tenue de leurs paupières. Mais l'erreur est humaine, et cette étude le confirme. Les volontaires ont aussi identifié – à tort – des personnes saines comme si elles étaient malades.

"Cela nous rappelle que les caractéristiques extérieures que nous prenons pour des signes de maladie nous trompent souvent, ce qui peut nous pousser à traiter des personnes en bonne santé comme si elles étaient malades", souligne Mark Schaller, professeur de psychologie à l'université de Colombie-Britannique (Canada) interrogé par le site américain STAT.

Des animaux dressés pour repérer la maladie

L'être humain a naturellement tendance à fuir les personnes malades à ses yeux. Une réaction normale qui permet d'éviter de fâcheuses infections. Mais sur quoi se base-t-il ? Par le passé, la même équipe a publié plusieurs études qui permettent de mieux comprendre ce phénomène.

A l'aide d'un protocole similaire à celui utilisé ici, les Suédois ont montré que les odeurs corporelles changent quand on est malade. Ce que notre nez est capable de distinguer. Mais ce n'est pas tout : à l'aide des signaux olfactifs et visuels, notre cerveau jauge l'état de santé d'un individu. Si celui-ci est jugé à risque, nous aurons tendance à l'éviter.

Cette capacité n'est pas spécifique à l'être humain, et a pu se rendre utile. Des chiens sont régulièrement dressés pour repérer certaines odeurs. Ils seraient ainsi capables de détecter les personnes souffrant de certains cancers et de certaines maladies neuro-dégénératives.

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