No Bed Challenge : voici combien de personnes dorment sur un brancard chaque nuit

© AFP

Les urgences saturent. Et les patients en pâtissent. Chaque nuit, plus de 200 d'entre eux dorment sur un brancard, faute de lits disponibles. Ce qui a inspiré le "No Bed Challenge" à un syndicat.

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Décidément, les défis publics se multiplient depuis quelques années. Popularisé par l'Ice Bucket Challenge – contre la maladie de Charcot – ce format de communication a connu des hauts et des bas. Le dernier en date est le No Bed Challenge, lancé dans les hôpitaux parisiens.

Ce nouveau défi remplit aussi une noble cause : attirer l'attention des pouvoirs publics sur la saturation des services d'urgences. A l'initiative du syndicat Samu-Urgences de France, tous les chefs de service sont appelés à signaler, chaque matin, combien de leurs patients ont passé la nuit sur un brancard.

L'idée est venue d'un défi populaire chez les jeunes : l'Ice and Salt Challenge, qui consiste à appliquer des glaçons et du sel sur ses plaies. "Les équipes d'urgentistes nous ont répondu qu'ils n'en avaient presque pas… mais qu'en revanche, ils avaient un vrai problème, le "no bed challenge", explique au Parisien le Dr François Braun, président du syndicat à l'origine de ce défi.

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200 brancards occupés chaque nuit

Et les résultats ne poussent pas à la fierté. Depuis le début du No Bed Challenge, le 6 janvier dernier, plus de 21 000 patients ont été "maltraités", chiffre le syndicat. Plus de 200 personnes dorment sur un brancard des urgences, chaque nuit.

Dans la nuit du 26 au 27 mars, ce sont près de 260 malades qui ont dû se contenter d'un brancard – faute de lits disponibles. Les détenteurs de ce triste record sont le CHU Dupuytren de Limoges (Haute-Vienne), l'hôpital Nord de Grenoble (Isère), le CH de Saintes (Charente-Maritime), le CHU Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et le CH Robert-Boulin de Libourne (Gironde).

Ces trophées des pires établissements sont complétés par un classement des bons élèves. Dernièrement, c'étaient les CH d'Auxerre (Yonne) et d'Angoulême (Charente) qui obtenaient la palme.

Cette action est, bien sûr, symbolique. Mais elle a aussi pour objectif de pousser les pouvoirs publics à agir, chiffres à l'appui. Car la saturation des urgences n'est pas seulement une question de confort pour les patients.

Elle provoque un retard dans la prise en charge qui peut être réellement délétère. "Arriver dans un service d'urgences surchargé induit un risque supplémentaire de décès de 9 % au cours des trois premiers jours d'hospitalisation", souligne François Braun, interrogé par Le Figaro Santé.

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