Moins de pollution, moins de décès

La pollution de l'air tue ! De nouvelles analyses confirment cet état de fait à long terme et démontrent que l'inverse est également possible : réduire la pollution, diminue la mortalité.
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En 1952, le célèbre brouillard « smog » a stagné sur Londres durant plusieurs jours. La mortalité a immédiatement été multipliée par trois. A plus long terme, une révision récente des données donne des résultats plus pessimistes en estimant à 12.000 et non 4.000 le nombre de décès supplémentaires attribués à cet épisode de 1952.

Deux nouvelles études démontrent également les effets délétères de l'exposition à la pollution atmosphérique. L'une, néerlandaise, a porté sur 5.000 sujets suivis de 1986 à 1994. Le degré de pollution dans la région d'habitation a été estimé en 1986. Les auteurs constatent une mortalité cardio-pulmonaire (accidents coronariens et cancers broncho-pulmonaires) multipliée par 2 et un risque de décès toutes causes confondues par 1,4 lorsque les sujets vivent à proximité d'une route à fort trafic. Ce risque passe à 1,34 chez les personnes vivant dans une zone touchée par la pollution aérienne.La 2e étude a été réalisée à Dublin en Irlande. En 1990, le gouvernement ayant interdit les ventes de charbon domestique, les chercheurs ont comparé la pollution, le climat et les décès, six années avant et après cette date. Ces mesures antipollution ont permis en 72 mois une diminution de 70% des émissions de gaz d'échappement. Les décès non-accidentels ont baissé de 6%, respiratoires de 15% et cardiovasculaires de 10,3%. Soit pour ces deux dernières catégories, 116 décès respiratoires et 243 cardiovasculaires en moins chaque année !

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De très nombreux essais ont été consacrés aux conséquences de la pollution de l'air sur la santé. Certains citent le chiffre de 40.000 morts par an attribuables à la pollution pour l'Autriche, la France et la Suisse réunies. La moitié serait liée directement à la pollution automobile. Il est plus que nécessaire de poursuivre les efforts tant individuels que collectifs. Un intérêt scientifique soutenu et régulier doit également être maintenu dans ce domaine.

Publié par Dr Philippe Presles le Mardi 29 Octobre 2002 : 01h00
Source : Hoek, The Lancet, 360 : 1203-1209, 2002. Clancy, The Lancet, 360: 1210-1214, 2002.