Migraine : découverte d'une nouvelle zone impliquée dans la douleur

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Des chercheurs français ont découvert une nouvelle zone du cerveau sensible à la douleur : la pie-mère, une couche de méninges qui protège notre système nerveux.

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Avec tous ses replis, le cerveau humain abrite encore de nombreux secrets. Une étude parue dans la revue Brain ce 1 er avril le confirme. Elle remet en question une idée reçue vieille de 70 ans. Contrairement à ce qu'on pensait, plusieurs zones de cet organe peuvent ressentir la douleur.

Pour arriver à ce constat, une équipe de l'université Clermont-Auvergne a suivi trois neurochirurgiens pendants 7 ans et s'est appuyé sur 53 interventions. Celles-ci ont été menées sur 53 hommes et femmes, opérés d'une tumeur cérébrale.

Lors de l'acte chirurgical, réalisé sur un.e malade éveillé.e, les neurochirurgiens ont stimulé plusieurs zones du cerveau. A chaque fois, les volontaires devaient préciser si le geste était douloureux ou non.

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Une zone précise identifiée

En moyenne, deux sensations de douleur ont été signalées par patient. Les zones concernées sont généralement du même côté et cessent en même temps que la stimulation mécanique. En cause : la pie-mère, une des trois membranes composées de méninges qui protègent notre système nerveux central.

La pie-mère est la couche la plus profonde de ces membranes, et se situe en contact direct avec le cerveau et la moelle épinière. Et elle est sensible à la douleur, tout comme ses vaisseaux nourriciers.

Un véritable avancée, puisqu'on considérait depuis 70 ans que seule la dure-mère – la membrane protectrice la plus extérieure – était capable d'une telle sensation. Mais ces travaux vont plus loin : ils identifient aussi le "territoire" cérébral le plus sensible.

C'est celui qui inerve le front, les orbites, la cornée, les régions temporales supérieures et antérieures, mais aussi la racine du nez et la muqueuse nasale. Autant de régions qui sont affectées lors d'une crise de migraine.

Des traitements ciblés de la migraine ?

Voilà qui jette un véritable pavé dans la mare. C'est justement parce qu'on pense que le cerveau ne souffre pas qu'on opère certaines tumeurs sur un patient éveillé.

"Cette découverte pourrait susciter de nouvelles recherches concernant le traitement des maux de tête et notamment de la migraine", ajoute Radhouane Dallel, co-signataire de l'étude et auteur d'un article sur le site The Conversation.

Si la pie-mère est impliquée dans ces crises douloureuses, il serait possible de développer de nouveaux médicaments ciblés. Ce qui manque cruellement à l'heure actuelle, car la plupart des traitements disponibles étaient, à l'origine, destinés à d'autres pathologies.

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