La migraine, un handicap à combattre
Aux Etats Unis, le nombre de migraineux est évalué à plus de 28 millions.
Un fléau trop fréquent
En moyenne, plus de 18% des femmes et 6% des hommes souffrent de migraine, mais la prévalence varie avec l'âge. Quel que soit le sexe, elle augmente entre 12 et 40 ans puis diminue. Le ratio femme/homme varie également avec l'âge: la migraine est plus fréquente avant 12 ans chez les garçons et après la puberté chez les adolescentes; le ratio est de 2/1 à 20 ans et s'accentue à 3/1 à 40 ans. Cette nette prépondérance féminine reste inconnue.
Des douleurs sévères handicapantes
Près de 45% des patients décrivent leurs crises comme sévères. Ils sont 85% à se plaindre d'une douleur pulsatile qui est unilatérale chez 59% d'entre eux. Pour 80% des migraineux, la lumière devient pénible en cas de crise au point de souhaiter s'enfermer dans le noir (photophobie). La phonophobie est présente chez 76% , les nausées chez 73% et une aura chez 36%. Les patients ne cumulant jamais la totalité de ces symptômes, considérer une migraine uniquement à partir de son caractère unilatéral négligerait 41% des migraineux. De même à partir de l'aura, 2/3 des sujets seraient délaissés ».Plus de 92% avouent ressentir leur migraine comme un handicap. Près de 53% d'entre eux sont obligés de s'aliter lors des crises. Ainsi, 51% des migraineux réduisent de moitié ou plus leur productivité de travail ou à l'école en cas de crise; 75% sont incapables d'effectuer les tâches ménagères habituelles et 58% manquent leurs activités sociales, familiales ou de loisirs.
Un diagnostic rare malgré un handicap sévère
Paradoxalement, plus de 60% méconnaissent leur maladie, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais consulté un médecin pour leur migraine, que ce soit pour établir un diagnostic ou pour suivre un traitement.
La majorité des migraineux prennent des médicaments non-spécifiques
Plus de 95% des patients prennent des médicaments pour leurs céphalées, mais en grande majorité ils le font en auto-médication, c'est-à-dire qu'ils ne consultent jamais de médecin pour pouvoir bénéficier des nombreux traitements spécifiques et démontrés efficaces. Certains facteurs ont été identifiés comme « barrières » à la prise en charge: un faible revenu, le jeune âge et le sexe masculin. Inversement la thérapeutique augmente en cas de handicap sévère, de vomissements et d'aura. Ainsi, seuls 41% utilisent des traitements anti-migraineux prescrits par leur médecin !
L'ensemble de ces constats n'a guère évolué depuis dix ans toutefois certaines mesures pourraient permettre d'améliorer cette situation plutôt dramatique:
- mieux informer le grand public notamment sur le caractère curable de la migraine;
- cerner davantage les facteurs de réticence vis-à-vis du diagnostic et des traitements;
- développer dans les centres spécialisés les moyens d'identifier les migraineux les plus handicapés pour qu'ils reçoivent les traitements les plus appropriés.