Mal-être au travail : mettre des mots sur les maux

Publié le 07 Juillet 2008 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Stress, harcèlement, mal-être, pénibilités, violences… sont autant de nouvelles souffrances ayant envahi la sphère professionnelle. Face à l'émergence de ces nouveaux risques psychosociaux, les entreprises et leurs salariés sont démunis. Les pouvoirs publics se mobilisent, tandis que les médecins du travail proposent des explications et des anticipations. Pour y voir plus clair, voici une petite lecon de vocabulaire.
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Lors d'un colloque organisé par le service de santé au travail interentreprises de Rouen (amSm), les intervenants ont recadré le vocabulaire usité pour désigner les différentes formes de souffrance susceptibles de se manifester sur le lieu de travail.

Qu'est-ce que le stress professionnel ?

Le stress au travail résulte d'un déséquilibre entre la tâche demandée et les ressources dont dispose la personne pour y répondre.

Ce stress induit habituellement : fatigue, troubles du sommeil, syndrome dépressif…... A ces états s'ajoute un risque accru de maladies cardiovasculaires ou musculo-squelettiques.

En revanche, le stress professionnel n'est pas une affaire personnelle ni le fait de personnes fragiles. Personne n'est à l'abri, tous niveaux hiérarchiques confondus.

Nous pouvons tous souffrir de stress à un moment de notre vie professionnelle.

Faciles à identifier : les incivilités et les "violences externes"

Les violences externes sont des insultes, des menaces, des agressions physiques ou psychologiques exercées contre une personne sur son lieu de travail par des personnes étrangères à l'entreprise : public, clients, usagers.…

Ces violences mettent en péril la santé, la sécurité et le bien-être du salarié. Elles peuvent générer des angoisses, des pertes de motivation, des appréhensions à se rendre sur le lieu de travail, des dépressions.

Les actes violents inopinés associés à un sentiment de mort imminente (hold-up par exemple) provoquent des symptômes immédiats de choc émotionnel (stupeur, prostration, cris, agressivité…) souvent suivis de troubles anxiodépressifs, de phobies, d'insomnies, de cauchemars et parfois de stress post-traumatique (comportements agressifs, conduites addictives…).

Tout aussi graves : les violences psychologiques au sein du personnel

Tout aussi délétères que les violences externes, les agressions psychologiques entre membres du personnel d'une même entreprise sont liées à l'intensification des tâches et à la compétitivité, aboutissant à l'isolement.

Pas seulement hiérarchique : le harcèlement moral

Il s'agit d'agissements (employeur, cadre, collègue) provoquant une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits de la personne et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. Entre fiction et réalité, la victime compense par une hypervigilance afin d'éviter toute erreur professionnelle, ou par une hyperactivité défensive pour contrer les dénigrements ou la remise en cause de ses compétences.

Les conséquences sont lourdes :

  • anxiété,
  • troubles du sommeil,
  • terreur à l'idée d'aller travailler,
  • idées suicidaires,
  • cauchemars avec scènes d'humiliation,
  • troubles de la personnalité,
  • dépression grave…...

Non, le stress ou le mal-être au travail ne relève pas de la fiction. L'identifier, réussir à mettre des mots sur cette souffrance est une étape indispensable pour pouvoir ensuite demander de l'aide.

Source : Colloque amSn ; Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, juin 2008.