Les traitements anti puces de vos animaux de compagnie peuvent être dangereux pour vos enfants

Publié par Manon Anger, journaliste santé le Lundi 09 Avril 2018 : 11h17
Mis à jour le Mardi 10 Avril 2018 : 09h17

Plusieurs produits anti puces pour chiens et chats ont été retirés des rayons de magasins de jardinerie, révèlent nos confrères de Libération. Ces produits contenant notamment des pesticides dangereux pour le développement cérébral des enfants. 

© Istock
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Les parents ne pensaient pas qu'en soignant leur chien ou leur chat, ils pourraient mettre en danger leurs enfants. Et pourtant. Mettre de l'antipuces à son animal est loin d'être anodin pour la santé de la famille. Le quotidien Libération révèle le retrait de nombreux produits vendus dans des enseignes comme Botanic. Parmi eux : Frontline, Fiprokil, Effitix, Effipro. Contenant des insecticides neurotoxiques comme la tétraméthrine, ils peuvent être à l’origine de troubles cognitifs et de cancers.

Ces antipuces contiennent aussi du fipronil qui est interdit d'utilisation par les agriculteurs français car trop nocifs pour les abeilles. Un produit trop nocif pour être utilisé en agriculture mais qui se retrouve chez vous comme l'avait révélée l'association Génération Futures en 2014. De plus, ce produit a été classé cancérigène possible par l'Environmental protection agency (EPA) américaine. Mais ce n'est pas tout. Une étude datant de mars et publiée dans le Journal of Alzheimer's Diseases souligne que le fipronil et son dérivé, le fipronil-sulfone, provoque chez le rat des changements dans le cerveau, souvent associés à la maladie d'Alzheimer.

Les fabricants continuent d'utiliser ce produit alors qu'il n'est même plus efficace puisque puces et tiques ont développé une résistance. C'est pour cela que "les produits vétérinaires y mélangent de la perméthrine (Effitix) ou le non moins controversé pyriproxifène (Effipro) ou le méthoprène (Frontline)" souligne Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et vice-président du groupe de travail sur les pesticides systématiques (TFSP), aux journalistes de Libération.

Il explique ensuite que "cette nouvelle découverte doit absolument et urgemment conduire les autorités à se demander s'il ne serait pas temps de réévaluer l'autorisation du fipronil dans les produits pour animaux domestiques". "D'autant que plus on est exposé jeune à cette molécule, plus cela peut avoir des conséquences sur le neuro-développement, car c'est pendant la grossesse et les premières années que se construisent le système nerveux et le cerveau. Et je ne parle même pas de la santé des animaux domestiques", conclut-il.

Les pesticides perturbent le développement cognitif de l'enfant

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La cohorte PELAGIE (perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l'infertilité et l'enfance) a suivi 300 couples (mère et enfant) afin d'évaluer la neurotoxicité des pyréthrinoïdes de la grossesse jusqu'aux six ans. L'étude servait de base pour une autre étude réalisée par l'Inserm sur le développement cognitif des enfants se retrouvant en contact avec ces produits.

La seconde cohorte PELAGIE concerne 287 des mères et leur enfant au sixième anniversaire de celui-ci. Deux psychologues sont venus au domicile de la mère afin d'évaluer les performances neuro-cognitives de l'enfant mais également constater l'environnement familial qui peut jouer un rôle sur le développement.

Grâce aux urines de la mère, les chercheurs ont pu établir un lien entre les performances cognitives et les pesticides. Ils ont analysé l'urine de la mère durant sa grossesse puis l'urine de l'enfant à son sixième anniversaire. Ils ont constaté "qu'une quantité importante de deux métabolites chez l'enfant est associée à une baisse significative des performances cognitives", conclut l'Inserm. Mais le lien entre l'exposition de la mère pendant sa grossesse et le développement de l'enfant ensuite n'a pas pu être établi.

Cécile Chevrier, chargée de recherche à l'Inserm et principale auteure de ces études indique que "bien que ces observations doivent être reproduites par d'autres études afin de pouvoir conclure définitivement, elles pointent sur la responsabilité potentielle à faibles doses des insecticides pyréthrinoïdes sur le développement cognitif".

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