Les médicaments génériques sont-ils vraiment équivalents ?
Les médicaments génériques sont-ils vraiment équivalents ?
La question revient régulièrement chez les patients : un médicament générique est-il identique au médicament d'origine, appelé aussi médicament princeps ?
La réponse est nuancée. Les médicaments génériques ne sont pas strictement identiques à leur équivalent de référence, mais ils doivent démontrer une efficacité et une sécurité comparables avant d'être autorisés.
Pas identiques mais bioéquivalents
Les médicaments génériques contiennent le même principe actif et au même dosage que le médicament princeps.
Certaines différences peuvent toutefois exister :
- les excipients peuvent varier ;
- la couleur, la taille ou la forme du comprimé peuvent être différentes ;
- le conditionnement ou le nom commercial changent souvent ;
- certaines formes galéniques peuvent présenter des caractéristiques particulières.
Pour obtenir leur autorisation de mise sur le marché, les génériques doivent démontrer leur bioéquivalence avec le médicament de référence. Ces études permettent de vérifier que le principe actif est absorbé par l'organisme de manière comparable.
Génériques et allergies : des situations bien réelles
L'une des difficultés les plus fréquemment rapportées concerne les allergies ou les intolérances à certains excipients.
Dans certains cas, un patient peut parfaitement tolérer le médicament princeps mais développer une réaction à un excipient présent dans un générique particulier. Il est alors important de signaler tout effet inhabituel à son médecin ou à son pharmacien.
La plupart du temps, une autre spécialité générique ou le retour à une formulation mieux tolérée permet de résoudre le problème.
Quand la forme du médicament change les habitudes
Même lorsque le principe actif reste identique, certaines différences de présentation peuvent perturber les patients.
Un comprimé peut être plus gros, plus difficile à avaler ou avoir un goût différent. Certains patients rapportent par exemple des difficultés avec certaines formes de zopiclone ou de statines en raison de leur texture ou de leur enrobage.
Ces situations n'impliquent pas forcément une moindre efficacité, mais elles peuvent influencer l'observance du traitement et le confort d'utilisation.
Pourquoi certains patients ont l'impression que le générique fonctionne moins bien ?
Certains patients déclarent ressentir une différence après le passage à un générique.
Plusieurs explications peuvent être avancées :
- une sensibilité à un excipient ;
- un changement de présentation perturbant les habitudes ;
- un effet nocebo, lorsque l'inquiétude liée au changement influence les symptômes ;
- plus rarement, des situations particulières concernant certains médicaments à marge thérapeutique étroite nécessitant une surveillance renforcée.
C'est notamment le cas de certains traitements contre l'épilepsie, les troubles thyroïdiens ou certains médicaments cardiovasculaires.
Une confiance encore partagée
Malgré leur utilisation massive depuis plusieurs décennies, les médicaments génériques continuent de susciter des interrogations chez une partie de la population.
Les professionnels de santé rappellent toutefois qu'ils sont soumis aux mêmes exigences de qualité, de sécurité et de contrôle que les médicaments princeps.
Oui aux génériques, mais avec une information claire
Les médicaments génériques jouent un rôle majeur dans l'accès aux soins et la maîtrise des dépenses de santé. Pour autant, l'expérience des patients mérite d'être entendue lorsqu'elle met en évidence une difficulté d'utilisation ou une mauvaise tolérance.
L'objectif n'est pas d'opposer médicaments princeps et génériques, mais d'adapter le traitement à chaque situation. En cas de doute, d'effet indésirable ou de changement inhabituel après une substitution, il est toujours recommandé d'en parler à son médecin ou à son pharmacien.