Les députés refusent d’interdire la publicité pour la malbouffe

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Réguler la publicité à destination des enfants, c'est non. L'Assemblée nationale a rejeté plusieurs amendements censés mieux contrôler le contenu des pubs alimentaires ciblées sur ce public.

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De délicieux biscuits, le menu enfant d'un fast-food ou encore des barres chocolatées… A l'heure des enfants, la télévision ne lésine pas sur les publicités ciblées. Et les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés dominent largement.

Ce déséquilibre, plusieurs députés auraient souhaité le corriger. Pour cela, ils ont soumis un amendement dans le cadre du projet de loi agriculture et alimentation.

L'objectif : limiter, voire interdire, les spots faisant la promotion des "produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de seize ans" que ce soit à la radio, à la TV ou sur Internet.

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Une vraie question de santé publique

Lors des débats à l'Assemblée nationale, cette proposition a reçu le soutien de plusieurs élus. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a quant à lui plaidé en faveur d'une régulation dirigée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), sans imposer de contrainte.

L'amendement a finalement été rejeté, tout comme celui proposant l'affichage du Nutri-Score (code nutritionnel à 5 couleurs) sur les supports promotionnels.

Mais derrière le débat politique, c'est une vraie question de santé publique qui est abordée. En effet, plusieurs études ont conclu que l'exposition à la publicité alimentaire favorisait le surpoids des enfants.

En 2015, une large méta-analyse a confirmé ce lien, et constaté que l'exposition aux spots télévisés augmentait l'envie irrépressible de consommer les produits présentés, tout en augmentant la sensibilité olfactive à ceux-ci.

La double peine

Cela ne doit rien au hasard. Les enfants "ne disposent pas des capacités cognitives nécessaires pour comprendre l'intention persuasive de la publicité télévisée et développer un regard critique sur le message diffusé", rappelle un rapport collectif de l'Inserm.

La publicité pousse donc ce jeune public à développer une relation affective avec son objet. Le problème, c'est que les produits riches en sucre ou en matière grasse dominent nettement le secteur – que ce soient des sodas, des biscuits ou des céréales.

Comme si cela ne suffisait pas, le temps passé devant l'écran de télévision est associé à une augmentation de la prise alimentaire. Les enfants exposés sont donc soumis à une double peine.

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