La vérité sur la mort subite du nourrisson

D’après le professeur Warner Jacobs, un bébé ne meurt quasi jamais sans raison. Après avoir effectué diverses autopsies sur des nourrissons décédés avant l’âge de 18 mois, il nous explique les causes possibles.
© Istock

Un bébé peut-il mourir sans raison ? Non, selon le Professeur Werner Jacobs qui dirige le service de médecine légale de l’hôpital universitaire d’Anvers (UZ Antwerpen). Chaque année, environ 250 autopsies y sont pratiquées, et ce dernier en réalise une partie sur des enfants décédés de mort subite du nourrisson.

Ce qu'on appelle la "mort subite du nourrisson" ? C'est "le décès soudain et inattendu d’un bébé en dessous de 18 mois alors qu’aucune cause explique cette mort, même après autopsie", précise le professeur dans une interview accordée à la RTBF le 23 avril 2019.

Mais le plus étonnant, ce sont les conclusions du spécialiste. Le médecin affirme à la RTBF que selon lui, la mort subite du nourrisson n’existe pas : "Un bébé ne meurt quasi jamais sans raison".  

Seuls 50% des morts subites seraient "naturelles"

Depuis quelques années, le parquet d’Anvers a décidé de réaliser une autopsie pour chaque enfant décédé subitement avant 18 mois. Or d’après les autopsies, le Professeur Werner Jacobs explique  que la moitié des cas de "mort subite du nourrisson" sont en réalité liées à des causes naturelles.

Cela peut être due à des malformations congénitales qui étaient alors inconnues ou encore une infection du poumon non diagnostiquée. D’après ses nombreuses années d’expérience, il existe donc quasi toujours une cause pour expliquer la mort d’un bébé âgé de moins de 18 mois.

Le médecin Werner Jacobs souligne le fait que les cas dits de morts subites sont en réalité souvent des asphyxies. Le bébé dort sur le ventre la tête dans l’oreille et s’étouffe. C'est la raison pour laquelle, l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) recommande depuis plusieurs années de coucher les bébés sur le dos, sans oreiller avec un sac de couchage et pas de couverture.

Ces pratiques ont permis de diminuer fortement le risque de mort subite. Les autopsies ont également révélé que certains enfants étaient morts étouffés accidentellement par l’un des deux parents dans le lit.

20% des morts subites liées à des violences ou infanticides

Mais ce n'est pas tout. Le service de médecine légale anversois a également pu constater après autopsie qu’un enfant sur cinq aurait en réalité subi des violences

Lors de son interview à RTFB, le professeur Warner Jacobs évoque des problèmes juridiques : en cas de décès inexpliqué avant 18 mois, l’autopsie est possible mais pas obligatoire. Le professeur Philippe Boxho, médecin légiste à l’Université de Liège explique quant à lui que c’est une situation très regrettable : "On devrait tous les autopsier pour être certain qu’il s’agit bien d’une mort subite.

Il se peut qu’il n’y ait pas d’indice à l’extérieur du corps, alors qu’il pourrait y en avoir à l’autopsie en interne. Il ne faut pas beaucoup de force pour tuer un enfant. Chez un enfant, il y a souvent moins de signes extérieurs que chez un adulte".

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