Insuffisance cardiaque des seniors : pas facile à maîtriser

Le coeur est, comme chacun le sait, la pompe indispensable au bon fonctionnement du système circulatoire et l'organisme est très sensible à ses moindres difficultés. Lorsque son activité est perturbée et que le débit optimum n'est plus maintenu, quelles qu'en soient les raisons, on se trouve en état d'insuffisance cardiaque (IC). Cette affection est très fréquente chez les seniors et sa prise en charge est particulièrement délicate.
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L'insuffisance cardiaque n'est pas rare et augmente avec l'âge

La fréquence de l'insuffisance cardiaque double à chaque décennie entre 40 et 80 ans.

Au-delà de cet âge, c'est plus de 10 % de la population qui est touchée. Aujourd'hui, on meurt moins des accidents cardiaques aigus, mais les séquelles sont plus fréquentes. C'est une des explications de la progression de cette pathologie chez le senior.

Si les progrès thérapeutiques sont incontestables, il n'en reste pas moins que le traitement d'un cœur malade est difficile, comme en témoigne le nombre de rechutes après le premier épisode, estimé à plus d'un cas sur trois.

Qu'est-ce qui fatigue le cœur ?

  • L'âge et le vieillissement normal modifient le fonctionnement du muscle cardiaque.

    Les fibres contractiles qui le constituent se rigidifient, les adaptations du rythme ou du débit lors des efforts ne se font plus aussi facilement et le rendent plus fragile.

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    Pourtant, ce sont principalement certaines maladies aiguës ou chroniques qui favorisent l'apparition de l'insuffisance cardiaque.

  • L'hypertension artérielle systolique : ennemi public n°1

    Souvent associée à l'athérome (dépôts de graisse sur les parois des artères), l'hypertension a tendance à diminuer le calibre des artères.

    Le cœur doit alors fournir un travail plus important pour garder un débit convenable.

  • La maladie coronaire : parfois silencieuse

    Les artères coronaires qui alimentent le muscle cardiaque en oxygène peuvent se boucher partiellement ou totalement (provoquant alors un infarctus).

    Les fibres contractiles des zones mal irriguées peuvent souffrir ou mourir.

    Une fois détruites, les cellules musculaires sont remplacées par d'autres, qui n'ont plus la capacité de contraction.

    La force globale du cœur diminue donc en fonction des zones lésées.

  • Les troubles du rythme cardiaque ou arythmies

    Ils sont rapidement délétères. Un cœur qui perd le rythme ne peut plus être aussi efficace : il y a quand même 4 cavités (deux oreillettes et deux ventricules) à remplir et à vider convenablement, ce qui ne laisse pas de place à la désorganisation...

  • Les pathologies des valves cardiaques

    Elles sont fréquemment responsables d'insuffisance cardiaque.

    Dans certains cas, elles ne jouent plus leur rôle de " portes étanches " entre les cavités du cœur.

    Dans d'autres, elles empêchent la bonne circulation du sang en " encombrant le passage ".

  • Et beaucoup d'autres maladies...

    Le cœur peut prendre un volume anormal (myocardiopathie), être perturbé par des anémies ou des dysfonctionnements de la glande thyroïde, etc.

Publié le 10 Avril 2002 | Mis à jour le 12 Juin 2014
Auteur(s) : Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue