Infarctus du myocarde : + 5% chaque année chez les femmes jeunes

Les derniers chiffres viennent de tomber et n’ont rien de réjouissant : l’infarctus du myocarde progresse de près de 5% par an chez les femmes entre 45 et 54 ans.  

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La femme jeune, la seule chez qui la crise cardiaque progresse

Non seulement la tendance alarmante des années 2000 se confirme mais elle s’accroît. De + 3% par an entre 2002 et 2008, les hospitalisations pour infarctus du myocarde ont fait un bond annuel de 4,8% entre 2009 et 2013 chez la femme jeune entre 45 et 54 ans*. En revanche, chez les hommes jeunes ainsi qu’après 65 ans dans les deux sexes, son incidence recule légèrement. Il n’en reste pas moins qu’en proportion, les hommes restent bien plus nombreux que les femmes à faire une crise cardiaque (cinq fois plus de crise cardiaque chez les hommes avant 65 ans, 2 fois plus après 65 ans).

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Deux fois plus de survivantes après une crise cardiaque

Vis-à-vis de la mortalité suite à une crise cardiaque, les femmes tirent leur épingle du jeu : avant 65 ans, elles ont deux fois plus de chance de survivre que les hommes.

Quoi qu’il en soit, encore plus chez les femmes, la cigarette est l’ennemi à combattre. D’une parce que celles qui subissent de plein fouet cette progression des infarctus du myocarde ont aux alentours de la cinquantaine et font partie de la génération qui a commencé à fumer il y a plus de 20 ans, sur fond d’émancipation féminine dans les années 80. Et de deux, parce que l’association pilule estroprogestative (éthinylestradiol)-tabac est un tueur sans merci sur le plan cardiovasculaire. « Chez une femme hospitalisée pour un infarctus du myocarde, dans 7 cas sur 10, l’accident est dû au tabac ! » assure le Pr Claire Mounier-Vehier, chef de service de cardiologie au CHRU de Lille, présidente de la Fédération Française de cardiologie et co-auteur de cette récente publication « Les femmes au cœur du risque cardiovasculaire » *. Le stress, qu’il soit aigu ou chronique, le manque d’activité physique, la sédentarité, la précarité, le diabète et l’hypertension artérielles sont des facteurs de risque de crise cardiaque et de maladies cardiovasculaires en général dont l’impact est encore plus dévastateur chez la femme que chez l’homme.

Publié le 08 Mars 2016 | Mis à jour le 08 Mars 2016
Auteurs : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : *BEH N° 7-8 | 8 mars 2016
Tout savoir sur « les femmes et la maladies cardiovasculaires » : www.fedecardio.org
A voir absolument : le court-métrage de la réalisatrice Maïwenn (#Préjugés)
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