Heure d’hiver 2026 : pourquoi vous pouvez vous sentir plus fatigué

Publié par Freya Yophy
le 19/10/2026
Heure d’hiver 2026
Istock
Le passage à l'heure d'hiver perturbe notre horloge interne et notre équilibre hormonal, favorisant l'émergence d'une dépression saisonnière chez les personnes vulnérables.

À 3 heures du matin, il sera 2 heures : le passage à l’heure d’hiver aura lieu le dimanche 25 octobre 2026 en France métropolitaine. Une heure supplémentaire sur le cadran ne garantit toutefois pas une heure de sommeil en plus. Notre organisme conserve ses habitudes, avec parfois des réveils plus précoces ou une envie de dormir plus tôt dans la soirée.

Il faut cependant distinguer deux phénomènes : le changement d’heure ne réduit pas la durée du jour. Il déplace les horaires affichés du lever et du coucher du soleil, tandis que les journées raccourcissent naturellement au fil de l’automne.

Une horloge biologique qui ne se règle pas instantanément

Située dans l’hypothalamus, notre horloge centrale coordonne les rythmes circadiens du sommeil et de l’éveil. La lumière captée par la rétine constitue son principal signal de synchronisation.

Sans repères extérieurs, son cycle durerait en moyenne environ 24 heures et 10 minutes, selon l’Inserm. L’alternance entre lumière et obscurité permet de la remettre quotidiennement à l’heure.

Lorsque les horaires sociaux changent brutalement, un ajustement peut donc être nécessaire. L’Inserm évoque généralement un jour à une semaine, avec des différences individuelles. Les enfants, les personnes âgées, les travailleurs de nuit et les personnes souffrant déjà de troubles du sommeil peuvent être davantage gênés.

Le passage à l’heure d’hiver reste néanmoins généralement mieux toléré que celui à l’heure d’été, qui impose d’avancer les horaires et fait perdre une heure de sommeil.

Moins de lumière, mais pas un dérèglement hormonal systématique

La mélatonine contribue à signaler à l’organisme que la nuit biologique commence. Sa sécrétion dépend de l’horloge interne et de l’exposition lumineuse : un éclairage important en soirée peut notamment retarder son apparition.

En automne, passer davantage de temps à l’intérieur et manquer de lumière naturelle peut fragiliser nos repères. Mais cela ne signifie pas que chacun produit trop de mélatonine toute la journée.

De même, le cortisol participe au rythme de l’éveil, sans que l’absence de soleil au réveil permette de conclure à un déficit hormonal. Les mécanismes reliant saison, sommeil et humeur sont complexes. Une fatigue persistante ne doit pas être automatiquement attribuée au changement d’heure.

Quand le blues hivernal mérite une consultation

Un manque d’entrain ponctuel ne suffit pas à diagnostiquer un trouble affectif saisonnier. Celui-ci correspond à des épisodes dépressifs qui reviennent selon un rythme saisonnier, généralement en automne ou en hiver, avec une amélioration au printemps.

Les signes possibles comprennent une tristesse durable, une perte d’intérêt, un besoin accru de sommeil, un repli social ou des changements d’appétit. Les femmes et les personnes ayant des antécédents dépressifs ou bipolaires sont davantage concernées.

Consultez si ces symptômes durent au moins deux semaines ou perturbent votre quotidien, sans attendre si la souffrance est importante. La dépression saisonnière relève d’une prise en charge médicale, pas simplement d’un effort de volonté.

Les habitudes qui aident à retrouver un rythme

Pour accompagner la transition, privilégiez quelques repères réguliers :

  • Sortez à la lumière du jour, notamment le matin, plutôt que de rester toute la journée sous un éclairage intérieur.
  • Conservez des horaires de lever réguliers, y compris le week-end, tout en respectant vos besoins de sommeil.
  • Bougez quotidiennement, par exemple lors d’une promenade à la pause déjeuner.
  • Gardez des heures de repas relativement stables.
  • Réduisez les écrans et les éclairages intenses avant le coucher, en réservant idéalement la dernière heure à des activités calmes.

La luminothérapie, un traitement à utiliser à bon escient

La luminothérapie peut être proposée contre la dépression saisonnière hivernale. Un protocole courant utilise une lampe adaptée, filtrant les ultraviolets, à 10 000 lux pendant environ 30 à 45 minutes le matin. La distance et la durée doivent respecter les indications du dispositif et du soignant.

Ce traitement n’est pas indispensable pour chaque fatigue automnale. Demandez un avis médical avant de commencer, particulièrement en cas de maladie oculaire, de médicament photosensibilisant ou de trouble bipolaire. Dans ce dernier cas, une surveillance est nécessaire en raison du risque d’excitation de l’humeur.

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