L'héroïne, des effets aux dangers

Publié le 16 Février 2009 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
Fin janvier, le Samu a pris en charge une trentaine de personnes tombées dans le coma pour overdose d'héroïne. Selon les analyses, cette drogue était coupée avec un anxiolytique, potentialisant encore les dangers de l'héroïne. Le point sur cette molécule qui peut être mortelle en surdose ou en polyconsommation.
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L'héroïne est un opiacé puissant obtenu à partir de la morphine. Cette molécule naturelle est contenue dans le latex d'une plante, le pavot, qui sert également à la fabrication de l'opium.

L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre. Celle-ci est injectée par voie intraveineuse après dilution et chauffage. Toutefois, l'héroïne est aujourd'hui de plus en plus sniffée et fumée.

Quels sont les effets de l'héroïne ?


L'administration de cette drogue provoque immédiatement un flash, une sensation d'extase, puis une euphorie. Il s'ensuit une somnolence, parfois accompagnée de nausées, de vertiges et d'un ralentissement du rythme cardiaque.

En cas d'usages répétés, le plaisir des premières sensations s'estompe, nécessitant d'augmenter progressivement les doses (en quantité de produit et en fréquence). Cette drogue s'accompagne également de troubles du type anorexie et insomnie.

La dépendance à l'héroïne


La dépendance s'installe rapidement. L'héroïnomane oscille alors entre des états d'euphorie lorsqu'il est sous l'effet de l'héroïne et des états de manque qui génèrent anxiété et agitation.

Les risques sont très importants :


- La dépendance à l'héroïne enclenche le plus souvent un processus de marginalisation

- La surdose ou overdose d'héroïne peut provoquer une insuffisance respiratoire puis une perte de connaissance parfois mortelle.

- L'injection intraveineuse (en l'absence d'aiguille stérile et à usage unique) entraîne des risques d'infections, notamment par le virus du sida et par les virus des hépatites B et C. Depuis 1996, les contaminations par le virus du sida ont nettement diminué dans cette population, mais plus d'un usager de drogue par voie intraveineuse sur cinq est aujourd'hui porteur du virus du sida. Quant à l'hépatite C, 60 à 80% des usagers de drogues intraveineuses sont contaminés…

Le traitement de substitution


Le sevrage repose notamment sur des traitements de substitution : la méthadone ou le Subutex®. Ces médicaments sont prescrits dans des centres spécialisés en toxicomanie ou par des médecins de ville. Ils ont pour objectif de stabiliser la dépendance de manière médicale et légale.

Ces traitements de substitution ont modifié le pronostic vital, social et psychologique des toxicomanes. La plupart d'entre eux sont débarrassés des risques d'infection par le sida et des tentations de la délinquance. Malgré tout, un sur dix se livre au mésusage et environ 30 % de l'ensemble des médicaments de substitution délivré en pharmacie serait détourné (marché noir).

Source : Drogues et dépendances, livre d'information de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé ; Colloque sur le traitement des addictions, Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), Paris, 9-10 décembre 2008.