Risques des traitements des toxicomanes par buprénorphine

Publié le Mardi 01 Février 2000 : 01h00
Ils sont surtout liés à l'association à des tranquillisants et à la voie injectable.
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Que ce soit en France ou à l'étrangers, un certain nombre de décès par surdosage ont été observés chez des toxicomanes traités par buprénorphine (Subutex°) dans un but de substitution de leur drogue habituelle. Dans 9 cas sur 10, des doses importantes de benzodiazépines (médicaments généralement utilisés comme tranquillisants ou comme somnifères) ont été retrouvées. Il est difficile de savoir si cette consommation est une des causes des décès observés. D'un côté, les benzodiazépines peuvent retentir de manière négative sur la respiration, tout comme les dérivés de l'opium, notamment la buprénorphine. D'un autre côté, les patients qui sont de gros consommateurs de médicaments sont en fait des polytoxicomanes, en règle générale plus dépendant de leur(s) toxicomanie(s) et moins bien insérés dans la société, donc à plus haut risque de surdosage.

Le pourcentage de patients traités par buprénorphine qui injectent le médicament au lieu de le laisser fondre sous la langue est important : de 10 à plus de 20 % selon les études - et selon certains praticiens de terrain, peut-être plus. Ces injections peuvent être à l'origine de phlébites (inflammation des veines), d'abcès, d'infections généralisées par voie sanguine (septicémie). En cas de "partage des seringues", elles peuvent aussi être à l'origine de la transmission de maladies virales comme les hépatites B ou C et le sida. Ces risques peuvent être réduits par la diffusion à bon marché de kits d'injection "propres", comme les Stéribox°.

Publié le Mardi 01 Février 2000 : 01h00
Source : OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) "Drogues et toxicomanies - indicateurs et tendances", OFDT éd. Paris 1999, 271 pages. A.FOR.CO.PI "Conduite à tenir vis à vis des infections chez les toxicomanes" 2BR éd., Paris 1987, 132 pages.
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