Grippe aviaire : prêt pour le scénario catastrophe ?

Sans vouloir être alarmiste, le ministère de la Santé veut tout simplement être prêt à une éventualité : une épidémie mondiale d'un virus de la grippe. C'est ainsi que Philippe Douste-Blazy a dévoilé une partie du plan de lutte contre une épidémie grippale d'origine aviaire.
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A ce jour en France, aucun cas de grippe aviaire n'a été détecté et la transmission interhumaine n'a pas été démontrée. Toutefois, si le virus venait à subir des modifications majeures, celui-ci pourrait devenir contaminant pour l'homme et se transmettre d'homme à homme. Ce scénario n'est pas de la pure science-fiction, comme en témoigne l'histoire avec la pandémie grippale de Hong Kong en 1978 et la grippe espagnole de 1920.Dans l'éventualité d'une pandémie, l'Institut national de veille sanitaire (InVS) estime que si la population n'est pas immunisée (en l'absence de vaccin et de traitement), le nombre de cas varierait de 9 à 21 millions, avec entre 455.000 et un million d'hospitalisations et 90.000 à 200.000 décès.

Dans ces conditions, force est de reconnaître qu'il vaut mieux prévenir. C'est ainsi que le gouvernement planchait depuis plus d'un an sur un plan d'actions. Celui-ci, inspiré du dispositif conçu en 2003 contre le Sras (syndrome respiratoire aiguë sévère), comporte plusieurs niveaux d'alerte. Au stade de « prépandémie », il est prévu une surveillance accrue du virus dans la population animale et le recensement à l'étranger des cas humains isolés. Si nécessaire, l'importation des animaux venant des pays touchés sera interdite et les voyages dans ces zones déconseillés. En cas de pandémie avérée et de transmission interhumaine du virus, les frontières seront fermées et dès que possible, vaccins et médicaments seront distribués massivement à la population. En effet, sitôt la souche pandémique identifiée, les chercheurs travailleront à la mise au point d'un vaccin, dont la production massive serait immédiatement lancée. Et dans le cas d'un vaccin disponible et administré à 100% de la population, le bilan des estimations de l'InVS annonce une réduction d'au moins 72% des cas de décès. La seule ombre à ce plan d'attaque, se situe au niveau du délai : l'ensemble de ce processus jusqu'à l'obtention d'un vaccin prêt à l'emploi prendrait entre 4 et 6 mois, et l'on ignore quelle serait la vitesse de la propagation éventuelle du virus. C'est ainsi qu'en l'absence de vaccin, le plan prévoit l'utilisation large de l'antiviral Tamiflu des laboratoires Roche, dont le service médical rendu face au virus A (H5N1) de la grippe aviaire est jugé « important ». Dans cet objectif, le directeur général de la Santé, William Dab, a déjà passé commande de 13 millions de doses, dont la livraison est prévue d'ici fin 2005.

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Pour en savoir plus : www.sante.gouv.fr

Publié le 20 Octobre 2004
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Dossier de presse du ministère de la Santé " Présentation du plan gouvernemental de lutte contre la pandémie grippale d'origine aviaire ", 13 octobre 2004, www.
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