Le génome humain : décrypté !
Publié le 29 Janvier 2001 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
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Beaucoup moins de gènes que prévus

Estimé à 100.000 gènes, le génome humain est en fait bien inférieur, atteignant seulement 26.000 à 38.000 gènes, soit à peine trois fois plus que la mouche du vinaigre, 10% de gènes en commun avec le ver de terre et pratiquement le même génome que le chimpanzé. L'homme ne repose probablement que sur quelques incidents génétiques !En conséquence, il faut oublier le schéma simpliste qui attribue un gène à une fonction. Et si un même gène possède plusieurs rôles, cette complexité rend beaucoup plus ardue les recherches visant à établir une médecine individualisée en fonction des particularités génétiques propre à chacun. Dresser une carte génétique des individus pour tenter de les classer en catégories à risques serait donc très difficile.

Pas de notion de race dans le génome

Autre vérité, la base génétique des races est balayée ! Les variations interindividuelles sont aussi nombreuses dans un même pays qu'entre des personnes de couleur de peau différente.

Huit chromosomes porteurs des maladies

Seuls huit chromosomes concentrent les gènes responsables de 39% des maladies génétiques. Si le chromosome n°1 comporte les gènes impliqués dans la maladie d'Alzheimer, des maladies cardiaques et les cancers de la prostate, en revanche le chromosome X regroupent des gènes impliqués dans des dizaines de pathologies génétiques.

Vers une médecine personnalisée ?

Reste à comprendre le rôle exact des gènes et à détecter les subtiles variations du code génétique qui permettraient de déboucher sur une médecine et des médicaments personnalisés. En effet, ces variants jouent un rôle majeur dans la prédisposition à certaines affections et sur la façon dont notre organisme réagit vis-à-vis d'un médicament.Même si ces études n'en sont qu'à leur début, d'immenses espérances sont données pour le traitement et la prévention du diabète, de l'hypertension artérielle, de la maladie d'Alzheimer, des cancers, des troubles mentaux, des dépendances à l'alcool et aux drogues, etc. La fin du séquençage, ouvre la voie des nouvelles thérapies géniques et annonce les défis majeurs de la prochaine décennie.

Les peurs : la discrimination génétique

Les balbutiements de la génétique posent déjà des problèmes éthiques, avec l'exigence de certaines compagnies aux Etats Unis, et ailleurs, de fournir des renseignements génétiques sur les individus. En effet, on peut craindre que la généralisation des tests génétiques sous prétexte de mettre en œuvre une médecine prédictive (détecter les personnes porteuses de graves maladies pour leur proposer des traitements adaptés) soit utilisée en tant qu'élément discriminatoire pour l'embauche, par des sociétés d'assurance ou encore par eugénisme. Il s'avère donc indispensable de trouver un équilibre entre protection de la vie privée et l'utilisation raisonnable de l'information génétique. Pour préserver les droits de l'homme et les libertés de chacun, des garde-fous appropriés doivent impérativement être mis en place, et si possible au plus tôt, même si les plus optimistes avancent que nous portons tous de « mauvais gènes ».

Source : Tribune, Le Parisien, Les Echos, La Tribune, 12 février 2001.